En effet, le nombre des inscrits s'élève à 176.740 personnes. Tous les observateurs affirment que ce programme, piloté par le ministère des Habous et des Affaires islamiques, rencontre un succès notable. Les chiffres sont édifiants. Huit années après son lancement, le programme a bénéficié à 545.990 personnes, soit 10% de la population ciblée par le plan gouvernemental visant à alphabétiser 5 millions de personnes à l'horizon 2010.
Un budget spécial a été réservé à ce programme ambitieux. «L'opération est totalement financée par le ministère des Habous et des Affaires islamiques. Cependant, le gouvernement participe pour la première fois, cette année, au financement de ce programme. Nous avons reçu des fonds de la part du ministère des finances», explique Mohamed Naîm de la Direction de l'enseignement traditionnel.
Plusieurs missions ont été assignées à ce programme qui cible en priorité les femmes car elles sont les plus touchées par l'analphabétisme. Il a comme principal objectif de faire apprendre aux citoyens analphabètes l'écriture, la lecture et le calcul. Les cours permettront également d'approfondir les connaissances des inscrits concernant les préceptes de l'Islam et de leur inculquer les valeurs de tolérance et de modération.
En effet, les cours d'alphabétisation sont accompagnés de séances de prédication.
Dans ce qui ressemble plutôt à un partage de rôles entre les différents départements impliqués dans la lutte contre l'analphabétisme, le ministère des Habous a accordé une attention particulière au milieu rural ainsi que les petites agglomérations qui ne disposent pas d'établissements scolaires. Et pour cause, 67% de la population rurale sont analphabètes. En outre, les populations jeunes constituent une cible importante. Ceux âgés entre 15 et 45 ans constitueraient 80% des bénéficiaires selon les chiffres du ministère. Le nombre de ces derniers augmentera de 16.000 personnes par an.
Selon les responsables, une stratégie globale a été mise en place dans la perspective d'atteindre les objectifs fixés par le gouvernement marocain. L'enjeu est donc de taille. Le Maroc compte, en effet, réduire à néant le taux de l'analphabétisme dans les prochaines années. Sur ce plan, la stratégie du ministère a porté ses fruits. En témoigne le nombre croissant des inscrits qui était de 10.040 en 2000 et qui dépasse de loin cette année les 100.000inscrits.
Les mosquées impliquées dans le programme ont été équipées des moyens nécessaires pour faciliter la tâche aux encadrants. Pour leur part, les inscrits reçoivent des kits scolaires offerts par le ministère. «Pour permettre à un grand nombre de citoyens de bénéficier des cours d'alphabétisation, les responsables se sont intéressés davantage à l'élaboration du contenu des programmes pour répondre aux attentes de la population», explique un responsable au ministère.
«Manque de cohésion entre les leçons», «longueur des cours», «déphasage entre le profil des populations ciblées et le contenu des manuels» et surtout «des informations erronées concernant des versets coraniques»… la liste des remarques avancées par les responsables du ministère des Habous et des Affaires islamiques concernant ces livres est longue. «Le nouveau manuel conçu, édité et distribué par le ministère, est compatible avec les orientations de ce département. Nous avons pris en considération les attentes des inscrits. De plus, nous avons prévu des imprimés destinés aux encadrants», ajoute Mohamed Naîm. L'élaboration des nouveaux manuels s'est basée essentiellement sur les rapports des conseillers pédagogiques. En effet, le suivi du programme est assuré par ces conseillers qui effectuent régulièrement des visites pour fournir une aide aux encadrants dans les mosquées. Ils sont également chargés de relever toutes les remarques concernant le cursus et le déroulement des cours.
Les 241 conseillers pédagogiques visitent les mosquées dans les différentes régions du Royaume pour dresser des bilans qui vont permettre, selon les responsables, d'évaluer les résultats atteints par le programme d'alphabétisation et détecter les lacunes.
Le ministère des Habous et des Affaires islamiques projette de créer d'autres programmes afin de surmonter toutes les difficultés rencontrées dans ce cadre. Les responsables ont même décidé de revoir certains aspects du manuel destiné aux bénéficiaires du programme. Par ailleurs, les horaires des cours pourraient connaître quelques modifications.
Le ministère veut également assurer la continuité du cursus après la fin des cours pour que les bénéficiaires puissent approfondir leurs connaissances à la fin de leur formation dans les mosquées. Les études et les recherches relatives au programme d'alphabétisation seront encouragées. Pour les responsables au sein du ministère, ces recherches permettront d'améliorer les performances du programme dans l'avenir. Parmi les projets qui viennent d'être lancés, il y a «Le programme des compétences journalières». Il s'agit d'un programme qui a un rapport avec les besoins de la vie quotidienne des bénéficiaires. Plusieurs ateliers et formations ont été réalisés dans le cadre de ce programme avec la participation des services relevant du ministère de la Santé et celui de la Justice.
Source: lematin