'Nous vivons dans une société qui est quelque peu hybridée, il faut le dire. Il y a un mélange terrible qui fait que quand certains différends se font jour, il devient un peu difficile de les résoudre sans laisser des traces qui survivent par la suite.
Parce qu'il y a un mélange terrible entre le politique, le religieux, le social. Tout est imbriqué', a indiqué M. Mbaye interpellé sur l'implication de plus en plus sollicitée et remarquée de religieux dans les médiations.
Il a précisé que c'est cette imbrication qui fait que 'le politique, à y regarder de près, monte sur la chaire du religieux quand il y a une manifestation religieuse. Tout ce que l'on dit sur la religion c'est le politique qui monte sur la chaire pour le dire.
Le religieux s'étant aperçu que ce qu'il devait dire a été dit par quelqu'un d'autre, il parle d'autre chose'. Cela ne facilite pas les choses, a poursuivi le chercheur qui a présenté récemment à Dakar 'Khilâsou Shahab' (éditions Beni Shassen - 230 pages), un des ouvrages majeurs de El Hadj Malick Sy qu'il qualifie de 'chef d'oeuvre' du guide religieux.
'Le religieux devrait être un religieux essentiellement, le politique demeurer un politique essentiellement. Chacun sur son "And" (territoire)', a dit le professeur Rawane Mbaye, estimant qu'à ce moment-là, 'il peut y avoir une collaboration et des relations qui sont établies entre les différentes couches sociales que voilà et qui constituent les leviers d'une société'.
Rawane Mbaye a dit que sur un autre plan, le religieux également devrait se sentir le même rôle et assumer ses responsabilités pour régler les problèmes d'ordre essentiellement religieux qui lui incombent et auxquels lui seul peut trouver des solutions.'
"Alors si tel était le cas, analyse M. Mbaye, le problème serait résolu et il n'y aurait pas de crise de compétence. C'est parce que chacun fait ce que l'autre devait faire sans pourvoir le faire comme il le fallait qu'il y a une crise de compétence. '
Il a ajouté : 'chacun devient un touche-à-tout : vous verrez un politique qui ne parle pas de politique essentiellement parce que peut-être il ne s'y connaît pas tellement bien.
Pour Rawane Mbaye, cette situation a pour conséquence de pousser les autorités religieuses à ' se recroqueviller, à rester dans leur coin et à vivre leur religion ' au lieu de s'immiscer dans des médiations.
L'imam a dit qu'il appartient à ' toutes les bonnes volontés ' de travailler à la clarification des rôles. 'Il incombe à tout homme de bonne volonté. Lorsqu'on vit une crise de conscience, tout le monde est interpellé par la Charia.'
Source: allafrica