Selon Boubacar Diassy, Journaliste bénévole de l'Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA) au Sénégal, à l'instar de tous les pays musulmans ou à dominante musulmane, l'anniversaire de la naissance du Prophète Muhammad (SAWA) se commémore au Sénégal. Ce pays de l'Afrique de l'Ouest comptant plus de 95% de musulmans, observe cette tradition depuis maintenant plusieurs décennies. Elle y aurait été instituée sous sa forme actuelle, par le Saint Homme El Hadji Malick Sy chantre du «Tidjanisme» au Sénégal. Celui-ci l'aurait transmis de générations en générations. Si bien qu'actuellement, la ville sainte du «Tijanya», Tivaouane, située au centre du Sénégal, accueille à l'occasion de chaque Gamou (commémoration de l'anniversaire du Prophète Muhammad (SAWA)), plusieurs millions de fidèles musulmans venus de tous horizons.
Mais les Sénégalais ne se limitent pas à la seule veillée de Gamou (Mawluud) organisée non seulement à Tivaouane mais aussi dans plusieurs autres localités religieuses du pays, ils continuent de se rappeler le Prophète Muhammad (SAWA) pendant plusieurs mois. Oustaz Cheikh Ousmane Samb, un Maître de Conférence et Maître d'arabe a bien voulu partager un bon quart d'heure d'entretien avec nous sur le pourquoi de cette façon de faire des Sénégalais. Selon cet homme de science islamique qui a commencé sa première commémoration du Gamou en 1964, la grandeur de cette manifestation de foi occupe une place de choix dans le cœur des musulmans sénégalais. «Les Sénégalais, à l'en croire, en profitent pour rappeler et méditer sur les enseignements, les vertus, les miracles bref la prophétie du Prophète Muhammad (SAWA)».
Ces commémorations ont toujours été bénéfiques à l'Islam. Elles renforcent et élargissent cette religion sur tous les plans. Car, le Cheikh aidant, «de 1968 à 1995, chaque week-end, j'amine un Gamou ; mais à chaque fois, ce sont entre 5 à 8 personnes que nous y convertissons à l'Islam». Et puis, selon lui toujours, «les manifestations religieuses de ce genre, ont poussé des millions de fidèles musulmans à s'organiser en associations nommées au Sénégal les «Dahiras» ». Lesquelles se chargent de la bonne organisation de telles veillées religieuses. Ces organisations sont si nombreuses qu'on peut en trouver dans chaque village du Sénégal. Mieux, dans les grandes villes, presque chaque quartier en dispose entre une et trois. Au finish, pour éviter des télescopages, les différentes «Dahiras» partageant la même ère géographique, font de telle sorte que leurs manifestations ne se tiennent pas au même moment. C'est toujours une occasion saisie par les uns pour inviter les autres à leurs méditations noctures.
Ainsi, selon Oustaz Cheikh Ousmane Samb, «les fidèles musulmans se fondent sur les écrits du savant» et fondateur de la «Tijanya», pour différer leurs Gamou sur plusieurs mois après la date exacte de la naissance du Prophète Muhammad (SAWA). «C'est vrai qu'un anniversaire ne se fête qu'une seule fois par an, mais le savant connu du monde entier, Cheikh El Hadji Malick Sy (RAA) a écrit dans son ouvrage intitulé Riihu Zamaan, que l'année, le mois et le jour de naissance du Prophète (SAWA) sont une source de bonheur pour les musulmans. Si bien celui qui commémore son anniversaire n'importe quels jour, mois ou année, cela est toujours bien en Islam», a clarifié Oustaz Samb.