Une commission pour le suivi des travaux de la grande mosquée d’Algérie
Algérie (IQNA)- Les participants aux travaux du colloque international sur « les dimensions civilisationnelles de construction des mosquées en Algérie, cas spécifique de la mosquée Abdelhamid Ibn Badis d’Oran », ont recommandé la mise sur pied d’une commission technique pluridisciplinaire susceptible d’accompagner et suivre le projet de la mosquée Abdelhamid Ibn Badis et son management.
La mission de cette commission, composée d’universitaires, d’experts, d’architectes, de chercheurs et d’imams, sera « la redéfinition de ce projet » et « l’accompagnement du maître d’oeuvre » pour concrétiser ses différentes phases d’exécution, ont souligné les participants à ce colloque qui s’est clôturé après deux jours de travaux. L’accent a également été mis sur « la valorisation » du patrimoine local, régional et national dans l’architecture de la mosquée Abdelhamid Ibn Badis et sur « l’utilisation » des matériaux de construction disponibles dans la région ainsi que du savoir-faire local.
Les travaux de la deuxième journée de ce colloque international, qui s’est tenu à l’université des sciences et de la technologie (USTO) « Mohamed Boudiaf » (Algérie), ont été marqués par la présentation de plusieurs conférences dont la contribution du Dr Marouf Belhadj du département d’archéologie de l’université de Tlemcen (Algérie), dans laquelle il a abordé « le type d’architecture des mosquées dotées d’une coupole centrale » à l’instar de la Grande Mosquée d’Alger, la mosquée Salah Bey de Annaba (Algérie) et la mosquée du Pacha à Oran. Le conférencier a souligné, à cette occasion, que les architectes de l’époque ont produit, à travers les lieux de culte, « des bâtiments aux techniques architecturales variées », puisqu’ils ont recouru au style ancien aux grandes colonnades pour la réalisation des salles de prières et au style moderne marqué par une coupole centrale qui symbolisait la puissance de l’Empire ottoman.
Le Dr Tayebi Mohamed, enseignant à l’université Es-Sénia à Oran, a abordé, pour sa part, le thème de « l’architecture et la civilisation en islam dans les sociétés occidentales », soulignant que les mosquées sont régies par des normes « qui s’appuient sur l’environnement et les écoles de la religion ». La construction d’une mosquée « ne peut être perçue comme un acte sans lien avec son environnement », a-t-il précisé. A propos de la mosquée Abdelhamid Ibn Badis, le conférencier a indiqué que, « de par son aspect architectural et les matériaux utilisés dans sa réalisation, ce lieu de culte doit refléter le 21ème siècle, qui est l’ère de la technologie ». « Le colonialisme a dépouillé la ville d’Oran de ses symboles historiques qui font référence à sa mémoire, pour les remplacer au cours de l’occupation espagnole par Santa Cruz ». La ville « a besoin de cette nouvelle mosquée, un symbole architectural et religieux qui réhabilitera sa mémoire », a-t-il expliqué.
Le projet de la mosquée Abdelhamid Ibn Badis d’Oran a bénéficié d’une enveloppe budgétaire de cinq milliards de dinars pour financer les œuvres secondaires du projet, a-t-on indiqué en marge des travaux du colloque international sur les dimensions civilisationnelles de construction des mosquées en Algérie, clôturés dimanche à Oran. Cet apport financier qui s’inscrit dans le cadre du programme complémentaire du président de la République, « peut suffire à financer les travaux secondaires », a indiqué le directeur de l’urbanisme et de la construction de la wilaya d’Oran. Un avis d’appel d’offres international a été lancé dernièrement, a-t-il indiqué, pour les travaux de revêtement du sol, des murs, de la menuiserie d’art, l’éclairage et la décoration extérieure, intérieure et de l’environnement, ajoutant que l’ouverture des plis relatifs à la réalisation de ces oeuvres est prévue le mois de mai prochain.
Le ministre des Affaires relgieuses et des Waqfs, M. Bouabdellah Ghlamallah, avait appelé, lors de l’ouverture de ce colloque, à faire des ateliers du chantier de la mosquée Abdelhamid Ibn Badis « une école de formation et d’apprentissage de jeunes stagiaires dans les nombreux domaines », et à « associer les spécialistes du patrimoine local dans la décoration de ce lieu du culte, qui doit être un centre de rayonnement culturel et religieux ». Les gros oeuvres de cette mosquée, dotée d’un minaret haut de 90 mètres et d’une capacité de plus de 16.000 fidèles, ont été confiés à une entreprise chinoise.
Source: journal3