Paix, islam et philosophie musulmane

13:24 - April 30, 2008
Code de l'info: 1647771
Washington (IQNA)- Sari Nusseibeh se livre à une méditation sur les racines universalistes, humanistes, proches des Lumières et par conséquent constitutives d’une philosophie de la paix dans la philosophie musulmane.
Conférence au Symposium “Trois voix pour la paix - perspectives philosophiques sur la paix” organisé par le département de philosophie de l’Université de Turin.
Prenons l’allégorie d’Avicenne: il ne s’agit pas de musulmans et de non-musulmans, ni d’Arabes et de Perses, ni de sunnites et de chiites, ni de rien de tout cela. Il s’agit plutôt des complexités de l’humain vues par Avicenne, ou de la quête de l’âme qui veut trouver un état d’immortalité et de bonheur intellectuels. C’est cette capacité d’Avicenne, alors qu’il décrit les affres de l’être humain, à s’abstraire de la nation et de la religion, du temps et de l’espace, de la langue et de la culture, qui en fait, de manière transcendantale, une voix de paix humaniste.
Alfarabi, célèbre auteur politique de la même tradition, abstrait explicitement, dans ses divers écrits sur la cité idéale, sa République du contexte religieux particulier dans lequel il vit. Platon lui-même n’avait pas eu à présenter à ses lecteurs contemporains un modèle de communauté complètement différent de celui d’Athènes. Mais Alfarabi, pour respecter son message politique, a dû le faire : sa cité idéale n’était pas nécessairement une communauté musulmane comme celle où il vivait, ni d’ailleurs une communauté régie par un prophète. La sienne était une communauté non spécifique, dont le ciment n’était pas les liens du sang, ni les appartenances tribales, mais des mécanismes laïques et des structures permettant à l’être humain de se réaliser en tant que personne plutôt qu’en tant que Turc ou musulman.

Source: temoignages
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