SOUS LES HANGARS du parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis) une simple cloison sépare la grande salle de prière des stands dédiés aux Corans, objets de culte, robes de princesse des 1001 Nuits et hidjabs. La 25e Rencontre des musulmans de France qui se clôt ce soir, organisée par l'Union des organisations islamiques de France (fondamentaliste), est le plus grand rassemblement de l'islam de France. Un faux air de Foire de paris où se mêlent religion, politique et commerce mais où la plupart des visiteurs ne se revendiquent d'aucune obédience particulière.
Dans les allées du salon, quelque 115 000 personnes, venues de toutes les régions de France, sont attendues jusqu'à ce soir pour assister aux débats ou faire leurs emplettes.
Mais à un mois du scrutin qui va renouveler les instances du Conseil français du culte musulman, beaucoup ont en tête la crise qui couve au sein de cette structure représentative de l'islam de France, mise en place en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur.
En coulisses, la guerre de succession a bien commencé. Dalil Boubakeur, président du CFCM, miné par d'incessantes luttes de personnes et un bilan plutôt médiocre, a annoncé que sa fédération ne participerait pas aux élections du 8 juin. Pour justifier sa défection, celui qui se présente comme un tenant de l'islam modéré, dénonce l'«iniquité» des critères de désignation des grands électeurs qui, selon lui, favorisent «l'émergence d'une représentativité qui ne reflète en rien la sociologie de l'islam de France». Candidat à sa succession, le vice-président de l'UOIF, Fouad Alaoui, a déclaré hier que «le CFCM n'arrive pas à porter un projet qui satisfasse les musulmans de France. Le moment du changement est arrivé».
Source: leparisien