Le directeur des HUG, qui a connu d'autres cas, tient bon: aucun signe religieux pour les employés.
Le droit au foulard? Une affaire simple… Depuis l'âge de 15 ans, Cenada Ameti a choisi de ne pas montrer ses cheveux en public. Très attachée aux préceptes de l'islam, elle porte un foulard en permanence. Elle a aujourd'hui 22 ans et sa foi contredit ses ambitions professionnelles.
Les responsables des Hôpitaux universitaires, où elle veut accomplir un stage obligatoire, lui ont demandé de retirer son foulard pour travailler dans leurs locaux. Elle refuse. Radiographie d'une situation bloquée. Fin mai 2007, Cenada Ameti se présente aux HUG. Il lui est alors confirmé qu'elle pourra effectuer cette formation uniquement si elle retire son foulard.
Pour elle, le compte à rebours a commencé: elle termine en ce moment son second module de cours et la règle veut qu'elle commence son stage de six mois, qu'elle doit avoir terminé dans un an. Au-delà, l'entier de son équivalence tombera à l'eau.
L'infirmière propose donc une solution alternative: porter un chapeau ou un bandana, comme elle le faisait à Sarajevo. «Les HUG ont refusé ma proposition au motif qu'il s'agissait toujours d'un signe religieux», regrette-t-elle.
Bernard Gruson, directeur des HUG, refuse d'entrer dans la polémique: «Selon les principes applicables dans un Etat laïque, pour la paix des ménages et afin d'éviter des réactions hostiles des patients, les HUG confirment la directive approuvée par le Comité de direction des HUG en mars 2000.
Celle-ci prévoit que tout signe extérieur d'appartenance religieuse est interdit pour les membres du personnel en contact avec des patients.» Pour le directeur, le cas de Cenada Ameti est marginal.
Intransigeante, la jeune femme campe sur ses positions: «Le fait de ne pas pouvoir cacher mes cheveux en présence d'un homme contrevient à mes principes religieux. Ce stage est essentiel pour ma vie professionnelle.»
En Suisse, il n'existe guère que l'article 15 de la Constitution, indiquant que le port de vêtements particuliers fondé sur des motifs religieux est protégé par la liberté de conscience et de croyance. Cette liberté peut être restreinte si elle devait menacer la paix confessionnelle.
Source: Tdg.ch