Mohamed Merzougui et ses coreligionnaires veulent prier dans des lieux dignes. À Nantes-nord, Bellevue et Malakoff, des mosquées sont en construction.
Jusqu'à présent, en moyenne 300 musulmans domiciliés à la Boissière, la Bourgeonnière, la Petite-Sensible, le Pont-du-Cens, Plaisance, Orvault... se rassemblent tous les vendredis rue des Renards. Dans des locaux indignes, vétustes et exigus : «Nous posons des tapis dehors. Mais quand il pleut, nous sommes obligés de nous serrer de façon incroyable.»
La construction de la nouvelle mosquée de Nantes-Nord, avec son dôme et son modeste minaret, galvanise la ferveur des croyants : «En quatre ans, nous avons collecté 700 000 € et emprunté auprès de gens de la communauté.» Mohamed le reconnaît toutefois : financer un tel projet «n'est pas facile» avec des paies d'ouvriers, des pensions d'humbles retraités. N'empêche : les musulmans espèrent lancer bientôt le lieu culturel attenant à la mosquée. «Ce lieu est pour nous primordial, signale Mohamed. Il nous permettra d'assurer le soutien scolaire aux enfants, l'apprentissage de l'informatique et de l'arabe.»
Comment la communauté musulmane de Nantes-nord perçoit-elle la construction de ces lieux de culte et de culture ? «Nous vivons ça comme une reconnaissance. La mosquée, assure ce placide croyant, ne vivra pas à part. Elle permettra le rapprochement des gens et sera ouverte au quartier.» Mohamed fait alors part d'un coup de téléphone récent d'un voisin non musulman : «Un monsieur m'a demandé si on pourrait visiter la mosquée une fois finie. Je lui ai répondu: bien sûr, vous serez le bienvenu!»
Les délégués des mosquées et lieux de prière vont voter dimanche pour leurs représentants au sein du Conseil régional du culte musulman. Cette assemblée est actuellement présidée par Medet Guven, de la liste représentant la communauté musulmane turque.
Source: Ouest-France