Les membres du centre de recherches islamiques d'al-Azhar viennent de s'accorder à l'unanimité sur le principe de cette aumône "sacrée", qu'ils ont estimée à 20 % de ces revenus, indique-t-on à al-Azhar.
"La fatwa se fonde sur un Hadith (parole) du Prophète (Mohamed) qui stipule qu'une zakat de 20% est obligatoire sur le rizaq, à savoir tous métaux ou minéraux précieux, solides ou liquides, provenant de la terre", a indiqué à l'AFP M. Mohamed Raafat Osmane, membre du Centre et professeur à Al-Azhar.
Appelé zakat en arabe, l'aumône, est un des cinq piliers de l'Islam.
Selon les chiffres officiels, les exportations égyptiennes du pétrole et du gaz ont atteint 10,1 milliards de dollars en 2007, et la somme ainsi dévolue à une fonds pour les pauvres serait de 2 milliards de dollars.
Interrogé par l'AFP, le ministère du Pétrole a renvoyé au ministère des Finances, déclarant que les revenus tirés des exportations de produits d'énergie étaient de sa responsabilité.
Au ministère des Finances, on se borne à répondre qu'il s'agit "d'une affaire d'ordre religieux". Aucun projet de loi en ce sens n'a été déposé au parlement.
M. Osmane convient que cette fatwa pourrait ne jamais être suivie d'effet. "Nous n'avons aucun pouvoir exécutif, nous ne pouvons pas imposer à l'état d'adopter notre décret", a-t-il dit.
L'Egypte, qui a pourtant fait de la charia, la loi islamique, la source principale de sa législation, n'a pas institué la zakat, à la différence de pays du Golfe, comme le Koweit ou l'Arabie Saoudite.
Cette fatwa intervient dans un climat social très alourdi par la flambée des produits de base - 50,8 % des prix du pain sur un an - qui s'est traduit en mai par un chiffre record d'inflation de 21,1 % en glissement annuel.
Une polémique s'est aussi ouverte, à l'initiative du mouvement islamiste des Frères Musulmans, la principale force d'opposition, sur un contrat de livraison de gaz égyptien à Israël.
Source: AFP