« Séville aura à nouveau une mosquée. 750 ans après la transformation de l'ancienne en église sous la domination chrétienne », raconte Emilio Carillo, chargé de l'urbanisme pour la capitale andalouse. Pas dans le quartier de Bermejales, lieu initial de ce projet, mais sur « l'île » de la Cartuja, située entre les deux bras du Guadalquivir.
La Cartuja93, urbanisée à l'occasion de l'exposition universelle de Séville en 1992, est devenue un parc technologique constitué de grandes entreprises, de facultés, d'organes de presse, de centres de recherche ainsi que de bureaux administratifs. La mosquée, qui sera construite occupera une surface de 6 000 mètres carrés et abritera également un centre culturel.
La construction d'une nouvelle mosquée est l'occasion, pour Séville, de se rapproprier son histoire. Après avoir vécu sous la domination arabe de 712 à 1248, elle en a conservé l'empreinte. Le Real Alcazar (palais royal) y a été bâti durant cette période avant de devenir le siège de la monarchie après la Reconquête.
Une promenade à travers ce Versailles espagnol permet de se rendre compte de la façon dont le passé islamique a été assimilé et digéré. Idem pour la tour de la Giralda qui, du haut de ses 103 mètres, surprend le promeneur au détour d'une rue. Cet ancien minaret est devenu le symbole de Séville.
Selon Carillo, le nouvel emplacement de la mosquée répond à un choix urbanistique précis. « Nous ne voulons pas d'une zone à vocation purement résidentielle ni commerciale. Le modèle de notre ville repose sur la mixité ». Par ailleurs, promouvoir la liberté de culte est un devoir constitutionnel et l'administration tient à « promouvoir cette liberté comme elle l'a déjà fait pour d'autres confessions.
Emilio González Ferrín, un islamologue, est formel : « La ville de Séville a besoin d'une mosquée. En effet, cela répond à une demande de la part des Musulmans, lesquels représentent une part non négligeable de la population. Mais ce doit être une mosquée sévillane ».
Et l'islamologue de préciser qu'après avoir examiné plusieurs demandes, la mairie a décidé d'accorder le permis de construire à un groupe qui gère la mosquée de Grenade et dont les sources de financements proviennent de l'Emirat de Sharjah, l'un des sept Emirats arabes unis.
La population sévillane d'origine islamique compte environ 8000 personnes, principalement dans le quartier de la Macarena où il existe déjà quelques petites mosquées.
source:IINA