Le bataillon néerlandais sous mandat de l'ONU chargé en 1995 de protéger Srebrenica -le Dutchbat- "était chargé professionnellement de la sécurité des civils", a déclaré l'avocate Liesbeth Zegveld au tribunal de La Haye.
Il "s'était vu assigner une tâche humanitaire, mais il a agi contrairement aux instructions", a-t-elle poursuivi. "La gestion des soldats néerlandais doit être imputée à l'Etat néerlandais", a-t-elle ajouté, expliquant qu'il avait le "plein commandement" sur eux, et qu'en remettant les réfugiés aux Serbes, après discussion avec les autorités de La Haye, le Dutchbat avait violé plusieurs lois nationales et internationales.
Le tribunal de La Haye entendait lundi les plaidoiries finales dans une affaire au civil portée en 2003 par deux familles de survivants du génocide de Srebrenica contre l'Etat néerlandais.
Hasan Nuhanovic, alors traducteur pour le Dutchbat, a perdu son père et son frère après que ceux-ci furent renvoyés de la base, où ils s'étaient réfugiés après la prise de l'enclave de Srebrenica par les troupes des Serbes de Bosnie le 11 juillet 1995. Près de 8.000 hommes et garçons musulmans furent alors séparés des femmes, enfants et vieillards, emmenés sur des camions et dans des bus puis exécutés dans les environs. Les corps furent ensuite jetés par les troupes bosno-serbes dans des fosses communes disséminées dans la campagne environnante.
La famille de Rizo Mustafic, électricien sur la base, fut également mise à la porte. Depuis, sa femme et deux de ses enfants, qui ont également déposé plainte contre l'Etat néerlandais, n'ont plus jamais eu de nouvelles de lui.
Source: AFP