Le sport en hidjab, ce n’est pas facile. Surtout, ça fait débat. Le Comité international olympique (CIO) a autorisé une athlète iranienne à porter le voile islamique aux prochains Jeux de Pékin. Alors même que les Français n’ont pas décroché le droit d’arborer le badge portant l’inscription «pour un monde meilleur» – comprendre : pour une Chine meilleure.
«C’est comme s’il y avait deux poids deux mesures. C’est scandaleux», s’insurge Annie Sugier, présidente d’Atlanta +, une association militant pour la promotion des femmes aux Jeux olympiques. «La charte olympique impose la neutralité. On ne peut pas l’invoquer pour les badges français et l’ignorer à propos du foulard, continue-t-elle. Selon la règle 51, en effet, aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, un site ou un autre emplacement olympique».
Cette année, sur 205 délégations, 9 seront uniquement masculines, contre 35 en 1992. Six sont musulmanes(Brunei, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Yémen), les 3 autres sont minuscules(îles Vierges, Antilles néerlandaises et Liechtenstein).
Hors des Jeux olympiques, la question se pose également. La Fédération danoise de football vient d’autoriser une joueuse d’origine palestinienne – sélectionnée en équipe nationale – à taper dans le ballon coiffée d’un fichu. «Il ne s’agit pas d’un foulard islamique», a tranché l’organisation(sic). Au Canada, des demoiselles voilées ont été écartées d’une compétition de taekwondo. A Paris, c’est une milieu de terrain du PSG qui a été évincée d’un match.
Source: humanrights-geneva