Les ONG musulmanes, nouveaux acteurs de l’humanitaire

16:55 - June 21, 2008
Code de l'info: 1661820
Article(IQNA)- On assiste depuis ces vingt dernières années à l’apparition de nouveaux acteurs sur la scène internationale: les Organisations non gouvernementales(ONG) musulmanes.
Grâce à la communauté des liens culturels avec les populations des «zones sinistrées» et la force de leur engagement, le rôle des ONG musulmanes, dans le champ humanitaire, est de plus en plus affirmé.
Considérées aujourd’hui comme des partenaires complémentaires et incontournables de l’action humanitaire, les ONG musulmanes sont essentiellement établies en Europe, contrairement aux organisations gouvernementales qui évoluent dans la sphère arabomusulmane, telle l’International Islamic Relief Organization (IIRO) basée en Arabie Saoudite, ou encore l’Islamic African Relief Agency au Soudan.
Ces dernières, apparues à partir des années 1970-1980, ont profité du formidable élan amorcé par «le phénomène ONG» mais aussi de l’enrichissement des monarchies pétrolières pour vivre une seconde jeunesse. Les ONG musulmanes mettent en avant, dans leurs chartes, la portée universelle de leurs actions, principe fondamental de l’action humanitaire contemporaine.
Les plus connues sont Muslim aid, Islamic relief, Doctors worldwide et l’Human relief fondation. Très impliquées dans les activités de secours, de développement et de proximité, elles font souvent campagne pour montrer que leur activité n’a pas de dimension politique.
À cela s'ajoute une forte professionnalisation qui, dans le cadre de la formation de réseaux internationaux d'ONG et le développement d'organisations humanitaires transnationales, tend à normaliser de nombreuses procédures, en particulier dans les relations avec les bailleurs de fonds.
Comme leurs congénères laïques ou d’autres confessions, les ONG musulmanes ont pour objectif d’aider et d’assister les populations en détresse partout dans le monde. Ces nouveaux arrivants ont une conception de «l’humanitaire» basée sur la solidarité (taaun) et l’entraide (takaful) entre les hommes, telles que l’entend la religion musulmane.
Elles puisent d’ailleurs la légitimité de leurs actions dans une tradition islamique de l’engagement pas nécessairement motivée par un sentiment de charité comme au sens judéo-chrétien mais par une «nécessité» et une «obligation» d’aider son prochain où qu’il soit.
Les ONG musulmanes communiquent essentiellement par mailing, en portant une attention particulière à «l’aide au réfugié et à l’orphelin», deux thèmes qui occupent une place considérable dans leurs supports de communication mais également dans leurs budgets, dépassant parfois les 50 %. Elles établissent le calendrier de leurs campagnes en fonction des événements religieux susceptibles d’attirer les dons des croyants, tels que le Ramadhan ou la fête de l’Aïd.
Même si beaucoup d’entre elles sont surtout actives dans les régions à forte concentration musulmane telles que la Palestine, le Liban, la Somalie, le Soudan ou encore la Bosnie, partant de la règle dominante que seuls les musulmans sont en droit de bénéficier des fonds de la «Zakat» ou l’aumône, il y a toutefois de plus en plus d’organisations comme Islamic Relief ou Muslim Aid qui suivent des règles plus libres, en insistant sur le fait que les premiers bénéficiaires seront ceux qui en ont le plus besoin.
Le professionnalisme et la transparence dont elles font preuve permettent de garder intacte leur réputation à une époque où de nombreuses associations de bienfaisance islamiques sont suspectées de prosélytisme.
Source: toogezer
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