Animée par John L. Esposito, professeur de sciences politiques et des relations internationales à l’université américaine de Georgetown et un des fondateurs du centre d’études US sur le Moyen- Orient : «Prince Al Walid Ibn Talal center for Muslim-Christian understanding», la rencontre a permis d’abord à l’assistance présente de prendre connaissance des résultats d’une enquête américaine sur les musulmans dans le monde, réalisée dans une quarantaine de pays après les attentats du 11 septembre 2001, et soulignant notamment que «les musulmans ne détestent ni l’Amérique, ni les libertés ni la démocratie : ils veulent seulement qu’on respecte l’islam et qu’on ne s’ingère pas dans leurs affaires internes».
Poursuivant ses propos sur le radicalisme des musulmans vis-à-vis de l’Occident en général et des USA en particulier, le Pr Esposito, qui est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages dont le célèbre Who speak for Islam, interdit dernièrement aux Etats-Unis, a ajouté que les résultats de ce sondage ont montré que seulement 7% des musulmans consultés sont des radicaux, alors que 93% ne le sont pas. Ensuite, il a ajouté que la raison principale de la position radicale de premières cités est «d’ordre politique et non religieux» et a un rapport étroit avec les politiques étrangères suivies par les pays occidentaux.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, a estimé le conférencier, «les radicaux consultés à cette occasion croient en la démocratie et souhaitent plus de relations avec l’Occident ; en d’autres termes, ils veulent une démocratie avec des valeurs religieuses».
A propos du fameux «choc des civilisations» évoqué par Samuel Huntington, le professeur Esposito a déclaré qu’il n’y a pas de clash des civilisations : «c’est une construction d’idées qui est loin de la réalité du terrain».
Bien entendu, la situation politique aux USA a été abordée à cette occasion par le conférencier qui a été très critique vis-à-vis de l’administration Bush et sa politique extérieure notamment concernant la question palestinienne, en faisant montre d’un certain penchant pour le candidat démocrate à l’élection présidentielle Barack Obama.
Dans ce contexte, il a déploré la place importante qu’occupe Israël dans la politique américaine, en ajoutant qu’à la lumière des dernières déclarations d’Obama, il ne faut pas s’attendre à des changements importants à ce sujet, au cas où ce dernier serait élu.
Source:Elmoudjahid