La finance islamique est un système de banque qui suit les règles de la charia, la législation islamique. De manière générale, la charia interdit les intérêts(appelé aussi usure) et interdit d’investir dans tout ce qui est illégal, tels que les casinos, le porc, l’alcool, la pornographie… Il est également interdit de prendre des risques financiers, car ils sont considérés comme une forme de hasard.
La prohibition de l’intérêt résulte du verset 275 de la deuxième sourate du Coran : «Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt». Ainsi, la finance islamique a pour principe de lier la rentabilité financière d’un investissement aux résultats du projet financé.
En matière d’échange de monnaie, tout surplus tiré d’une transaction non basée sur des actifs réels et préalablement possédés par le vendeur est illicite. Les crédits bancaires, les contrats de prêts, entrent dans cette catégorie, qu’il s’agisse de crédits à la consommation ou de crédits aux entreprises.
Pour respecter la loi islamique, les banques ont développé des mécanismes financiers s’appuyant sur un dispositif contractuel, permettant à un promoteur de mener un projet grâce à des fonds avancés par des apporteurs de capitaux dont la clé de répartition des gains et des pertes est fixée dans le contrat. Les apporteurs de capitaux supportent les pertes et les promoteurs perdent le fruit de leur travail. C’est une forme de partenariat où une partie apporte les fonds et l’autre l’expérience et la gestion.
Les partenaires(entrepreneurs, banquiers) contribuent aussi bien au capital qu’à la gestion du projet. Ils peuvent constituer une structure commune dont ils sont actionnaires, participant au capital de cette structure et ayant conclu une répartition des pertes et profits. Souvent, la forme de financement s’apparente à un crédit-bail(leasing), la structure(dont le bénéficiaire peut détenir des parts ainsi que la banque) étant propriétaire du bien à financer et le bénéficiaire payant un loyer pour l’utilisation du bien, en étant propriétaire en fin de contrat ou bien rachetant les parts de propriété à ses partenaires.
Il existe plusieurs formes de financement islamique :- Le moudarib : fondé sur le partenariat, avec bénéfices répartis en fonction du niveau de participation au capital,- La mousharaka : une grande partie des fonds est apportée par la banque,- La mourabaha : contrat de vente assorti d’un rachat ultérieur à un prix majoré, comme un «réméré»,- L’ijara : la banque achète les biens d’équipement et en transfère l’usufruit au bénéficiaire pour une période durant laquelle elle conserve la propriété de ces biens, assimilé à un crédit-bail,- L’istina : contrat de fabrication ou de construction par lequel le vendeur accepte de fournir à l’acheteur, dans un certain délai et à un certain prix convenus, des biens spécifiés après leur fabrication ou leur construction conformément au cahier des charges,- Enfin le soukouk : équivalent islamique d’une obligation où l’intérêt est un profit prévu à l’avance à risque quasi-nul, particulièrement utilisé pour les financements immobiliers.
La finance islamique enregistre une croissance de 15% à 20% par an. Elle a ignoré la récente crise financière. Le marché de la finance islamique a grandi en trente ans de 0 à 750 milliards de dollars(475 milliards d’euros), les montants d’actifs bancaires islamiques ont crû de 140 à 500 milliards de dollars entre 2000 et 2008.
C’est plus la demande que l’offre de nouveaux produits qui dynamise le marché. Les économies du Golfe ont doublé en taille depuis 2002. Le prix du baril de pétrole est passé de $30 à plus de $100, créant des profits et des liquidités à investir. 25% de la population mondiale est musulmane et certains estiment que 40 à 50% de leur épargne sera géré par la finance islamique d’ici 8 à 10 ans(contre 10% en 2007).
Source: IINA