Hommes, femmes et enfants de tout âge ont arpenté à pied un chemin montagneux long de 7 km, conduisant au lieu de pèlerinage, sur le mont d'Ajvatovica, célèbre en raison d'un miracle que cette communauté commémore depuis cinq siècles.
Sur leur chemin, les pèlerins, brandissant des étendards verts frappés du croissant blanc, symbole de l'islam, se sont arrêtés dans un ravin étroit au dessus du village de Prusac qu'ils croient être une création divine. Ils y ont scandé Allah Akbar (Dieu est le plus grand, en arabe), puis ont dit des prières.
Selon la légende qui remonte à la moitié du 15e siècle, c'est-à-dire à l'époque du début de l'occupation ottomane des terres bosniaques, le village de Prusac n'avait pas d'eau.
L'imam local, Ajvaz-dede (Ajvaz grand-père), un religieux dépêché par l'Empire pour convertir à l'islam les premiers adeptes de ces terres, était alors allé demander la grâce de Dieu.
Pendant plusieurs semaines, il est allé prier devant la colline. C'est au 40ème matin, alors qu'il fût pris par un bref sommeil, que le monticule s'est séparé en deux, la fissure permettant à l'eau de surgir et d'alimenter le village.
"Les citadins furent alors impressionnés par le pouvoir de l'imam et de sa religion", a raconté à l'AFP Izet Skrobo, 70 ans, venu à cheval de Karaula (centre), convaincu de la véracité de la légende.
Ce pèlerinage avait été interdit en 1947 par le régime communiste de la Yougoslavie, un Etat fédéral dont la Bosnie constituait de 1945 à 1992 l'une des six républiques.
Il a repris après les premières élections démocratiques, en 1990, mais avait alors servi de plate-forme pour les discours politiques ayant attisé la fibre nationaliste des musulmans de Bosnie, à la veille du conflit de 1992-1995.
Source: AFP