Vivre sa foi islamique en france

9:29 - July 13, 2008
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France(IQNA)- En France l’immigration se drape souvent des couleurs de l’Islam devenu malgré les interdits, l’islamophobie ambiante et tous les mots en « Isme qu’on accole à la religion musulmane une religion fort attractive et la seconde au pays de Marianne.
En moyenne 100000 personnes se convertissent à la religion du Prophète Mohamed (Que la bénédiction du Tout puissant se répande sur lui). L’intégration de ressortissants des pays islamiques ou de français musulmans est de facto au cœur des préoccupations de cette république laïque avec droit de cité à toutes les confessions.
Incarnation de l’Islam de France, Dalil Boubakeur d’origine algérienne, recteur de la mosquée de Paris et président sortant du Conseil français du culte musulman, prône un « islam voltairien », un islam discret et différent. Pour lui, aucun sujet n’est tabou. On sort de la mosquée de Paris avec une multitude de questions. L’Islam de France est-il comme les autres ?
Au sortir des élections pour le renouvellement des instances représentatives musulmanes dotées d’un conseil français du culte musulman (Cfcm) et de conseils régionaux (Crcm), on a du mal, dans cette foule qui longe la principale avenue à quelle composante de l’Islam en France appartient ces fidèles. Seule certitude : chacune des composantes de l’Islam en France subit l’influence du pays d’origine. Du coup, les mosquées sont fréquentées en fonction des critères ethniques et nationaux, ce qui rend illusoire la volonté du pays d’accueil de les soustraire des influences extérieures.
Le rassemblement des musulmans de France (Rmf) qui a emporté les élections avec un score de 43% des voix revendique haut et fort son attachement au Maroc face au bloc algérien. L’Union des organisations islamiques de France (Uoif), le Comité de coordination des musulmans turcs de France(Ccmtf), la Fédération nationale de la Grande mosquée de Paris, comme la liste du groupe d’ d’Afrique subsaharienne revendique et vivent chacune son « islamité ». De toutes ces entités, seule la Fédération nationale de la Grande mosquée de Paris a choisi de boycotter le scrutin qui s’est tenu le 8 juin dernier. Beaucoup sont d’avis que le « Cfcm doit se poser en défenseur du culte musulman au lieu d’être la caisse de résonance des tribulations entre le Maroc et l’Algérie ». Poussant plus loin, d’autres musulmans veulent que la réflexion s’ouvre sur le mode de désignation : les fidèles devraient avoir la voix au chapitre et le président devrait être le reflet de l’arithmétique et non des tractations », ajoute la même source ».
Le sujet de fonds prioritaire qui concerne la formation des cadres de l’Islam et sur ce point, le Cfcm doit être un moteur et non un obstacle », indique Franck Frégozi, directeur de recherche au Cnrs. Des curés qui forment des imams, l’image caricaturale colle à la peau de l’Institut catholique qui œuvre pour la liberté de conscience embrasse les différentes confessions présentes sur le sol français (chrétiens, musulmans, bouddhistes, Juifs etc.). L’Islam demeure cependant la seconde religion de France avec une population de prés de cinq millions d’âmes.
Cet institut joue son rôle de régulateur entre l’Etat et les différentes confessions. Il forme aussi les cadres culturels musulmans aux valeurs républicaines de laïcité de liberté. Aucun contenu théologique n’est donné à l’enseignement dispensé. A travers cette formation, les cadres culturels acquièrent une certaine légitimité qui leur permet de négocier avec les pouvoirs publics. Un institut qui œuvre aussi pour la légitimité scientifique de la connaissance des règles et valeurs en France. La formation s’articule autour de quatre pôles que sont la culture générale, les valeurs de la République, la rhétorique et, enfin, un pôle juridique. Revenons sur la place de ces maisons de Dieu que sont les mosquées.
« Au total, on compte 1800 mosquées en France, même s’il faut 2000 pour que les besoins soient couverts.
Le Recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, qui nous reçoit en cette matinée de vendredi, jour d’affluence, n’occulte aucune question. La crise de l’islamophobie consécutive aux attentats du 11 septembre, le choc des cultures, les caricatures du Prophète Mohamed (Psl) le port du foulard, la nullité du mariage prononcé par le tribunal de Lille parce que « contraire au droit républicain et laïc », tout y passe ». La pensée religieuse de l’Islam est à la croisée des chemins ». Tranche Dalil Boubakeur, sablé dans un imposant costume bleu, chemise bleue barrée d’une cravate rouge, une canne entre les mains. Entre deux tasses de thé à la menthe, il indique à l’attention de l’auditoire qu’à travers « les différents débats sur l’Islam (interdiction du port du foulard à l’école, mariage) et la violence terroriste, la guerre du Hamas d’Al qaida, les jeunes talibans), les gens ont tendance à voir l’islam sous l’angle de la violence, alors que notre religion, c’est la paix ». Il évoque tour à tour les divergences dans la pensée des frères musulmans, les différences doctrinales et ces nouveaux penseurs qui disent que le texte coranique, il ne faut pas y toucher, mais sa relecture par rapport au temps, au progrès à la connaissance et à la raison s’impose. Il faut « contextualiser les versets coraniques, car il y a une évolution de la pensée religieuse de l’Islam. Pour moi, conclut sur ce chapitre Dalil Boubaker, « il y a l’Islam et les musulmans, lesquels doivent vivre avec leur temps. L’Islam en Europe ne peut se vivre comme celui du musulman en Afrique ou au Proche-Orient. »
Source: lesoleil
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