Le Guide religieux de Taïba(localité située à moins de deux Kilomètres de Marsassoum, département de Sédhiou) El Hadj Moustapha, a questionné le dialogue islamo-chrétien, samedi 12 juillet dernier, lors du Gamou annuel Khassimou Sylla des Parcelles Assainies, édition 2008, dont le thème est : «Entente et Communion au sein de la société».
Il s’est posé la question qui dérange ses tenants : ce dialogue est-il possible, dans la mesure où les chrétiens ne reconnaissent pas le Prophète Mohammed(SAWA). Pourtant, fait-il remarquer, l’Islam reconnaît Jésus comme Prophète. «Mais ce dialogue doit s’engager sur le droit chemin du respect de la religion de chacun. Car toutes ces religions ont une base commune qui a su faire un savant dosage entre la foi, le pardon et l’amour», souligne le guide religieux. Et d’ajouter : «Il s’agira d’un dialogue juste, constructif entre, d’une part, les religions et leurs adeptes et d’autre part, entre les peuples et leurs cultures et civilisation».
Pour lui, le dialogue, l’entente et la communion que Allah Taala prône a pour but de «contrer les défis de l’enfermement, de l’ignorance et de l’étroitesse de vue, pour que les croyants se comprennent et se tolérent».
L’islam a instauré, dit-il, des principes du dialogue, de l’entente, de la communion et défini la voie du dialogue avec les fidèles des autres religions, monothéistes, notamment. «Donc, le dialogue dans le respect des croyances des autres est obligation entre les hommes et que les différences qui surviennent dans les rapports que les uns et les autres entretiennent ne sont que la manifestation de la volonté de Dieu qui aurait pu les rassembler, s’il le voulait. Il y a dans ces différences une preuve de l’existence de Dieu», fait remarquer El Hadj Moustapha Sylla.
Le Prophète(Salla Allah ‘alayhi wa Salam) a invité, dit-il, les Gens du Livre à se retrouver autour de l’essentiel, ce qui nous unit. «Même si nous pensons différemment, l’objectif doit être le même, à savoir nous aimons Dieu et respectons sa parole. De cette attitude découlera, soutient-il, le refus d’offenser son prochain «et quelle que soit la situation dans laquelle il se trouvera, tu ne peux que voir la main d’Allah Taala ou voir en ce Dernier le Seul qui puisse le sortir de cette difficulté».
Le marabout de Taïba estime que l’Islam n’a pas vocation de combattre les autres religions. Il est venu confirmer aux chrétiens que Jésus ou Issa est l’envoyé de Dieu. Et pour illustrer cette ouverture de l’Islam, il suffit, dit-il, de se référer aux périodes mecquoises et médinoises au cours desquelles le Prophète(Salla Allah ‘alayhi wa Salam) a souvent utilisé le dialogue avec les autres, comme il l’a fait avec les chrétiens de Najran, les prêtres de Bani Harith ou les émissaires venus d’Ethiopie ou encore par le biais de correspondances qu’il destinait aux rois et grands de son époque.
Source: sudonline