La religion, une force de paix

17:14 - July 19, 2008
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Sydney(IQNA)- Le pape Benoît XVI à Sydney et le roi Abdallah d'Arabie saoudite, qui présidait une conférence interreligieuse à Madrid, se sont faits les porteurs d'un message de respect et de compréhension mutuelle.
Au quatrième jour des XXIIIes JMJ à Sydney, le pape Benoît XVI a souligné que la religion était un «droit fondamental» pour tous qui dépasse les frontières et peut résoudre les conflits dans un monde menacé par la violence sinistre et aveugle.
Dans son discours, le souverain pontife n'a cité aucun pays en particulier. Mais ces propos interviennent à un moment où le Vatican est engagé dans des manoeuvres délicates pour renouer des relations avec la Chine dont la direction communiste a rompu ses relations avec le Saint-Siège en 1951 mais aussi avec le monde musulman irrité par un discours qu'il a prononcé en 2006 dans lequel le souverain pontife semblait lier l'islam à la violence.
Benoît XVI a rencontré des représentants de foi juive, musulmane, hindouiste et bouddhiste en la cathédrale Sainte-Mary. Au cours de cette réunion d'une quarantaine de minutes, il a loué l'engagement de l'Australie dans la défense des droits de l'homme.
«C'est une nation qui tient la liberté de croyance en haute estime», a dit le pape avant d'ajouter: «Votre pays manifeste du respect pour ce droit fondamental qui donne aux hommes et aux femmes la liberté d'adorer Dieu selon leur conscience.»
Devant les responsables religieux des autres confessions, le souverain pontife a insisté sur le rôle de la religion en tant que force unificatrice de paix en dépit de la conviction du contraire chez certains.
«Dans un monde menacé par les formes de violence sinistres et aveugles, la voix unie des religieux exhorte les nations et les communautés à résoudre les conflits par des moyens pacifiques et avec le plus grand égard pour la dignité humaine», a dit Benoît XVI.
Par ailleurs, les représentants des grandes religions ont demandé à Madrid un accord international pour combattre «les causes profondes» du terrorisme. Ils s'exprimaient à l'issue d'une conférence sur le dialogue entre religions organisée par l'Arabie saoudite à Madrid.
«Le terrorisme est un phénomène universel qui doit être combattu sérieusement, de manière juste et responsable, grâce à un effort international commun», dit le communiqué final de la conférence organisée depuis mercredi à l'initiative du roi Abdallah d'Arabie saoudite.
«Cela requiert un accord international pour définir le terrorisme, en attaquer les causes profondes», pour atteindre «la stabilité dans le monde», poursuit le texte de cette conférence organisée par la Ligue islamique mondiale.
Il faut trouver des «voies pour améliorer l'entente et la compréhension entre les peuples, malgré leurs différences d'origine, de couleur ou de langue», et «rejeter l'extrémisme et le terrorisme», selon le communiqué issu de trois jours de débats. Le forum a réuni 200 personnes, dont des représentants des religions musulmane, chrétienne, juive ou bouddhiste.
Les organisateurs de la Conférence mondiale sur le dialogue ont également invité l'ONU à organiser une «session spéciale sur le dialogue», qui entérinerait les conclusions de Madrid. Selon la Ligue islamique mondiale, d'autres conférences vont être organisées afin d'assurer la poursuite du dialogue.
Les tables rondes ont abordé des sujets comme les restrictions au port du voile dans certains pays européens, le conflit israélo-palestinien ou les caricatures controversées du Prophète Mahomet.
Le roi Abdallah, à la tête d'une monarchie ultraconservatrice guidée par le wahhabisme, doctrine rigoriste de l'islam, a invité à un «dialogue constructif pour ouvrir une nouvelle page de réconciliation après tant de disputes» entre religions. Avec le forum de Madrid, il cherchait notamment à améliorer l'image de l'islam, ternie par les accusations de terrorisme après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.
Source: lenouvelliste.ch
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