Moins de dix jours avant l'ouverture des Jeux et 24 heures après que M. Bush eut reçu cinq dissidents chinois au risque de vexer Pékin, les Etats-Unis ont continué leurs critiques contre l'état des libertés en Chine.
La Maison Blanche s'est dite déçue que les autorités chinoises aient limité l'accès à internet et a émis de sérieux doutes sur la liberté de manifester pendant les Jeux dans les aires spécialement dédiées à la protestation.
M. Bush se rendra dans une église pour y suivre le culte le dimanche 10 août, a indiqué un de ses hauts collaborateurs, Dennis Wilder, sans préciser laquelle.
"Il fera ensuite une déclaration dans laquelle il dira ses positions sur la liberté religieuse en Chine", a dit M. Wilder, directeur pour les affaires asiatiques au Conseil de sécurité nationale, qui conseille le président.
La liberté de culte, à commencer par celle de la communauté chrétienne, en Chine, est une grande préoccupation de M. Bush.M. Wilder a noté lors d'une conférence de presse que la liberté de culte s'était étendue en Chine, au point que, selon certaines estimations, il y aurait environ 100 millions de chrétiens dans le pays.
Mais il a aussi exprimé le vif souhait de l'administration Bush de voir ces églises officiellement enregistrées par les autorités chinoises.
M. Wilder a répété que M. Bush se rendait à Pékin avec l'intention de ne pas politiser les Jeux, mais aussi de soulever la question des libertés en dehors du stade, lors de ses entretiens politiques avec les dirigeants chinois.
Selon lui, les Etats-Unis attendent de la Chine qu'elle profite de son exposition à l'attention internationale pendant les Jeux pour montrer qu'elle ouvre sa société.
"Je suis déçu qu'ils aient sévi contre l'internet", a-t-il relevé, le jour où les journalistes accrédités aux Jeux ont eu la confirmation qu'ils n'auraient qu'une version censurée d'internet.M. Bush voudrait voir libérer les prisonniers politiques dont le gouvernement américain a soumis des listes aux autorités chinoises, a-t-il ajouté.
Le gouvernement américain espère "vraiment beaucoup" que les aires spéciales pour les protestataires seront ouvertes, non seulement aux citoyens chinois, mais aux étrangers, et que ceux qui voudront manifester dans ces zones pourront effectivement le faire, a-t-il dit.
"Que les Chinois soient vraiment en train de prendre cette direction reste à démontrer", a observé le collaborateur de M. Bush.
De son côté, la Chambre des représentants, où les adversaires démocrates de M. Bush sont majoritaires, a adopté une résolution demandant à la Chine de "mettre immédiatement un terme aux violations des droits de l'Homme de ses citoyens, de cesser la répression des citoyens tibétains et ouïgours et d'arrêter de soutenir les gouvernements du Soudan et de Birmanie".
Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre, a affirmé que le gouvernement chinois avait violé "ouvertement et de façon répétée" tous les engagements qu'il avait pris sur la liberté de la presse, les droits de l'Homme et l'environnement pour décrocher l'organisation des Jeux.
Mme Pelosi a demandé à M. Bush d'utiliser l'"énorme levier" de sa visite pour faire pression sur le gouvernement chinois.
A l'approche des Jeux, M. Bush est soumis à une forte pression de la part des défenseurs des droits de l'Homme ou des parlementaires américains qui voudraient l'entendre parler plus fort.
Les derniers jours l'ont cependant vu investir les sportifs américains du rôle "d'ambassadeurs de la liberté". Il a reçu des dissidents à la Maison Blanche mardi et leur a assuré qu'il convoierait à Pékin "le message de liberté".
Source:AFP