Selon l'Agence internationale de presse coranique, Zahra Mostafavi, fille de l'Imam Khomeiny, dans une interview avec le journal grec Eleftherotypía, a déclaré que le but de la Révolution islamique était le développement et le perfectionnement, et que les Ben Laden et les groupes de ce genre étaient affiliés aux Etats-Unis et avaient été formés pour ternir l'image de l'islam dans le monde.
Zahra Mostafavi a aussi abordé certains points de la vie du leader de la Révolution islamique. La révolution islamique avait abouti au renversement du Shah d'Iran et au retour de l'Imam Khomeiny, en 1979, et est un des événements les plus importants de la deuxième moitié du vingtième siècle. Cette révolution a permis l'instauration d'un régime islamique en Iran. Le gouvernement iranien a organisé à l'occasion du dix neuvième anniversaire de la disparition de l'Imam Khomeiny, de nombreuses cérémonies en Iran et dans d'autres pays.
Zahra Mostafavi a déclaré que l'Imam savait très bien que tous les objectifs de la Révolution ne se réaliseraient pas aussi vite. "Le but de la Révolution est de réveiller les gens et de leur faire prendre leur vie en main, de leur permettre de choisir leur gouvernement et de lutter contre les oppresseurs. Pour un grand pays comme l'Iran il y a aussi des objectifs à long terme, le développement de l'industrie et de l'économie exige un délai important. Nous recherchons l'indépendance dans tous les domaines et spécialement dans les domaines scientifiques, techniques et économiques, et nous espérons y arriver le plus vite possible", a-t-elle déclaré.
Voici le détail de cet entretien :
Journaliste : Est-ce que pendant ces trente années, la Révolution a parfois fait des erreurs ?
Mostafavi : Il y a un dicton en Iran qui dit "qu'une dictée non écrite n'a pas de faute", c'est à dire que celui qui agit fait des erreurs et que seul celui qui ne fait rien ne fait pas d'erreurs. A mon avis, nos erreurs en comparaison des choses qui ont été accomplies, sont très insignifiantes. La Révolution signifie un changement profond et fondamental, dans toute la société. Ceux qui, il y a trente ans, avaient des postes importants, ne sont plus au pouvoir aujourd'hui, ce sont les jeunes qui aiment leur pays qui ont pris en main ces responsabilités.
Journaliste : Les changements dans toute révolution s'accompagnent de violence, quel est votre avis à ce sujet ?
Mostafavi : Notre révolution s'est fait avec des fleurs, nous tenions des bouquets de fleurs alors que l'ennemi nous mitraillait, les révolutionnaires offraient des fleurs aux soldats et les embrassaient. Ceux qui se sont montrés violents étaient les alliés des Etats-Unis et avaient été formés par les étrangers.
Journaliste : Est-il nécessaire de recourir aujourd'hui à la violence ?
Mostafavi : La violence n'a pas de résultat, si la violence était efficace, les Etats-Unis auraient atteint leurs objectifs en Irak et en Afghanistan, et de même Israël en Palestine. A notre avis la violence n'a pas de résultat.
Journaliste : Est-ce que la République islamique reconnaît un parti qui n'a pas de relation avec la religion Les humains ont de grandes possibilités, même s'ils sont éloignés, ils peuvent facilement entrer en relation et être influencés ?
Mostafavi : Les gens sont influencés par leur milieu, par ce qui les entoure, c'est pour cette raison que la loi existe. Nous appliquons quant à nous, la loi islamique. Dans les enseignements islamiques, on nous apprend que l'être parfait est supérieur aux anges qui, parfois, peuvent ne pas supporter certaines choses. Les animaux eux, agissent par instinct. Les êtres humains, qui ont une dimension angélique et animale, c'est à dire matérielle et instinctive, peuvent être influencés dans le sens du matérialisme ou choisir la voie de la spiritualité. L'islam n'accepte aucune exagération dans l'un ou l'autre sens. L'islam recherche un équilibre entre ces deux pôles, un équilibre que seuls les gens de valeur peuvent réussir à atteindre.
Journaliste : Est-ce que le but principal entre autres, du gouvernement est de former des êtres parfaits ?
Mostafavi : Sans aucun doute, le but est de parvenir à la formation d'un pays exemplaire et parfait, c'est à dire des gens parfaits et une société parfaite, comme le souhaitaient Aristote et Platon. Notre Révolution a aussi ce but, mais la question est de savoir comment y parvenir. Les gens doivent chercher à ressembler aux Prophètes qui étaient eux, des êtres accomplis.
Journaliste : La recherche de la perfection est un idéal mais un gouvernement ne peut imposer cette perfection, et imposer à la société des interdits et des obligations pour y parvenir. Cela ne regarde pas le gouvernement. Quel est votre avis ?
Mostafavi : Le gouvernement doit prendre des mesures pour aider la société à parvenir à cet idéal, comme le Prophète l'a fait. Si des gouvernements justes et démocratiques ne font pas cela, qui le fera ?
Journaliste : On nous dit qu'il existe deux islam, un islam modéré qui rejette la violence et un islam extrémiste comme celui de Ben Laden, qui cherche par la violence, à dominer le monde. Où est l'islam authentique ?
Mostafavi : A notre avis, pour parvenir à la perfection, il faut agir comme le Prophète (SAWA), c'est ce qu'a fait l'Imam Khomeiny, dans son mouvement révolutionnaire. Il n'a utilisé aucune arme et la Révolution a réussi sans le recours aux armes. Il disait aux gens qu'il fallait suivre l'exemple du Prophète (SAWA) pour parvenir à la victoire.
Journaliste : Les extrémistes comme Ben Laden, ne disent-ils pas que le Prophète a donné des leçons de violence ?
Mostafavi : Je pense qu'ils le disent, et s'ils ne le disent pas directement, ils le disent par leurs actes, des actes que ni Dieu ni le Prophète (SAWA) n'ont conseillés. Ces gens, en fait, ont été formés par les Etats-Unis pour dénaturer l'image de l'islam.
Journaliste : Est-ce que la séparation de la religion et de l'Etat est une erreur ?
Mostafavi : On ne peut pas détruire l'être humain, l'être humain a une nature spirituelle et matérielle. Cela est aussi vrai pour la religion et le gouvernement, et c'est pour cette raison qu'il est impossible de les dissocier. Il se peut que les gens de votre société ne s'inquiètent pas de l'isolement de la religion, mais notre religion est notre loi et nous estimons qu'une société qui respecte la loi divine, connaît le calme, le bien-être et la fraternité. Même un athée dans cette société se sentira plus en sécurité. Le meilleur exemple est le comportement des Israéliens avec les Palestiniens. Si les palestiniens avaient le pouvoir, est-ce qu'ils agiraient ainsi ? bien sur que non, car leur religion ne le leur permet pas.
Journaliste : Quand va se régler la question palestinienne ?
Mostafavi : Quelqu'un dans un discours a déclaré que d'après des études coraniques et d'autres recherches, Israël va s'affaiblir vers 2020, 2022. Je ne défends ni ne rejette cette thèse, mais de toute manière, l'oppression est condamnée à disparaître.
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