En Irak, attentats contre des pèlerins chiites et appel de Moqtada Sadr à la "résistance"

12:48 - August 17, 2008
Code de l'info: 1677662
Irak(IQNA)- La communauté chiite d'Irak est visée par une série d'attentats, alors qu'elle célèbre, dimanche à Kerbala, l'anniversaire de la naissance du Mahdi, le douzième et dernier Imam du chiisme, l'"Imam caché".
Par ailleurs, dans un communiqué lu pendant la prière à Koufa, vendredi 15 août, l'Imam chiite Moqtada Al-Sadr a appelé les croyants à "signer avec leur sang un pacte d'allégeance à l'Imam Mahdi" et à "résister à l'occupant" américain.
Au moins vingt-quatre fidèles chiites sont morts depuis jeudi dans des attentats qui ont aussi fait des dizaines de blessés sur la route menant à Kerbala, ville sainte située à 110 km au sud de Bagdad.
Vingt-deux personnes sont mortes, jeudi soir, dans un double attentat-suicide perpétré par deux femmes à Iskandariya. Les deux femmes ont actionné leur ceinture d'explosifs à cinq minutes d'intervalle alors qu'elles se trouvaient à 50mètres l'une de l'autre, a précisé le lieutenant Kazem Al-Khafaji, de la police de la province de Babylone. L'armée américaine a de son côté fait état d'une seule kamikaze. Soixante-treize personnes ont été blessées dans cet attentat-suicide.
Iskandariya subit régulièrement des attentats-suicides, perpétrés notamment par le mouvement Al-Qaida en Irak, contre la population chiite et les pèlerins empruntant cette route pour se rendre dans les villes saintes de Nadjaf et Kerbala. Dans cette zone, soldats, femmes policiers, commandos de police ont été déployés et les barrages ont été renforcés.
Malgré l'impressionnant dispositif de sécurité mis en place, un nouvel attentat a tué vendredi matin un pèlerin et en a blessé dix autres, dans le sud-est de Bagdad, au passage d'un bus transportant des dizaines de pèlerins. Puis, vendredi soir, cinq personnes ont été tuées et 20 autres blessées par l'explosion d'une voiture piégée dans la ville chiite de Balad, au nord de Bagdad.
A Kerbala, 40 000 soldats et policiers irakiens sont mobilisés pour accueillir les pèlerins qui affluent d'Irak, d'Iran, mais aussi de plusieurs pays musulmans d'Asie. Parmi eux figurent 2 000 femmes ayant pour mission de fouiller les éventuelles candidates à une mission- suicide au milieu de la foule des chiites venus célébrer le Mahdi.
Des avions irakiens survolent Kerbala, alors que des appareils américains surveillent les environs de la ville sainte, notamment l'ouest désertique, d'où les insurgés sunnites ont coutume de tirer au mortier ou de lancer des roquettes.
Plusieurs dizaines de milliers de chiites sont attendus à Kerbala pour vénérer Mohammed Al-Mahdi, né en 869 à Samarra. Il est le dernier Imam pour les chiites duodécimains et, selon leur croyance, n'est pas mort mais restera caché jusqu'au jugement dernier, avant de revenir sous les traits du Mahdi.
L'imam chiite Moqtada Al-Sadr, qui se trouve, selon les Américains, en Iran, a appelé, vendredi, ses partisans à "signer avec leur sang un pacte d'allégeance à l'Imam Mahdi", selon un communiqué lu par cheikh Assaad Al-Nasseri pendant la prière du vendredi à la mosquée de Koufa.
En signant ce pacte, les croyants "s'engagent à résister dans tous les pays musulmans, et spécialement en Irak, militairement et idéologiquement, aux occupants, colonisateurs et à la pensée laïque occidentale". "Mes seuls ennemis sont les occupants, les infidèles et les nawasseb [radicaux sunnites anti-chiites], les colonisateurs et les envahisseurs. (Je m'engage à) ne pas négocier avec eux, à ne signer aucune trêve et à ne pas m'asseoir à la même table qu'eux tant que je serai en vie", conclut le pacte.
Les candidats à la signature du pacte doivent s'inciser le pouce et l'apposer sur le document. Pour Salah Al-Obeidi, le porte-parole de Moqtada Al-Sadr, la campagne a déjà commencé. "Il s'agit de mettre l'accent sur le culte de Dieu plutôt que sur la politique, et sur le fait que la résistance n'a pas de fin tant qu'il y a occupation." Moqtada Al-Sadr s'est toujours déclaré opposé à l'occupation américaine en Irak. Il a fait sortir l'an dernier ses ministres du gouvernement, et ses députés ont retiré leur soutien au premier ministre, Nouri Al-Maliki, que les partisans de Moqtada Al-Sadr accusent de faire le jeu des Etats-Unis.
Source: Le Monde
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