Libye: Tripoli débute le Ramadan dans la quiétude

13:57 - September 01, 2008
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Libye(IQNA)- Le Ramadan a débuté ce dimanche en Libye dans un grand calme, notamment à Tripoli où les principales artères étaient encore quasi-déserts aux premières heures de la matinée, contrairement à l'accoutumée.
En effet, l'arrivée du Ramadan a entièrement bouleversé le rythme de vie de Tripoli et des autres villes libyennes, devenu plus lent et plus calme le jour et volontairement plus vigoureux et animé la nuit.
Les libyens vivent cet important évènement religieux dans le monde musulman à la fois dans un climat de grande ferveur religieuse et de riches traditions culturelles comme tous les autres peuples de la Umma islamique.
Ainsi, une ambiance spécifique à ce mois béni de Ramadan a commencé à marquer depuis samedi soir Tripoli. Les Tripolitains ont, en effet veillé jusqu'à une heure tardive et les cafés des quartiers populaires n'ont baissé leurs rideaux qu'aux première lueurs du matin.
C'est ainsi que ce premier jour de Ramadan a vu la disparition de certaines activités matinales qui animaient les rues de la capitale libyenne.
Le café matinal et le croissant chaud ont disparu et les cafés ont baissé leurs rideaux, tout comme les lieux de rassemblement des fonctionnaires, notamment les cafétariats avant de rejoindre leurs bureaux pour entamer leur journée de Travail.
En sus, les horaires de travail ont été réduits de 12 heures par semaine. En temps ordinaire la Libye applique le régime de la journée continue, qui va de 7h00 à 14h00 l'Eté et de 8h à 14h00 l'Hiver.
Mois de culte, de méditation et de recueillement, mais aussi de solidarité et d'entraide, le Ramadan s'est moulé, au fil des ans, dans les traditions en devenant une occasion de bombance avec une nourriture en qualité et en quantité.
En ce mois de jeûne en effet, le nombre de mets présentés lors de la rupture double, voire triple. Les buffets sont mieux garnis et la plupart va dans la poubelle.
Aicha Omar, une institutrice de 40 ans, mère de quatre enfants, rencontrée par la PANA au marché central à Tripoli communément appelé "marché au poisson" souligné : "Nous avons appris à l'école que ce mois est consacré à l'adoration de Dieu, à la contemplation et à la solidarité et non aux dépenses, ce que j'essaie de transmette aujourd'hui aux petits élèves. Mais malheureusement la réalité est toute autre".
"Je suis enseignante et mère de famille et malgré toutes les tentatives, je n'ai pas réussi à m'écarter des usages et les dépenses de la maison ont doublé au moins pour ce mois à cause de la dilapidation de l'argent dans la nourriture que nous jetons ensuite dans la poubelle", a-t-elle ajouté.
De son côté Houda Rajeb, agent dans une banque de la place, 24 ans, mariée depuis deux ans et mère d'un seul enfant, affirme ses dépenses augmentent pendant ce mois béni. Cette femme libyenne issue de la nouvelle génération a ajouté que la concurrence que se livrent les chaînes satellitaires dans la présentation de programmes consacrés à la cuisine tout au long de ce mois poussent les ménagères à varier les plats et les menus de rupture de jeûne.
Salah Rajeb Abousaa, fonctionnaire retraité d'une société pétrolière affirme, pour sa part, que sa famille a toujours su maîtriser les dépenses et éviter le gaspillage pendant le mois béni, reconnaissant toutefois, que ces enfants qui se sont mariés et ont quitté la maison de famille ont été influencé par l'environnement régnant qui, de son avis, incite à la dépense et fait perdre à ce mois sa véritable signification.
Sur le plan culturel, la télévision libyenne a programmé la diffusion de séries produites spécialement pour le mois de jeûne. Des émissions religieuses et de variétés ont été élaborées à l'intention des téléspectateurs.
Les Libyens à l'instar des populations des autres pays du monde arabo-musulman, consacrent beaucoup de temps aux nuits de Ramadan que ce soit pour l'adoration de Dieu ou pour veiller. Les mosquées ne désemplissent pas.
En Libye, les spectacles, les achats dans les grandes surfaces et dans les souks, les matchs de football et même les visites familiales se font désormais la nuit.
Toutefois, la frénésie de la consommation connaît généralement un certain fléchissement dans la seconde quinzaine du mois sacré. A cette période, les gens freinent les achats de nourriture et pensent aux vêtements pour l'Aïd al-fitr, la fête de la fin de Ramadan.
Tripoli et les autres villes libyennes prendront alors un nouveau rythme impulsé par les mères, sous la poussée des enfants, dans la quête effrénée des habits pour la fête.
Le Ramadan cette année a coïncidé avec la rentrée scolaire, mais les autorités concernées ont opté pour le report de l'ouverture des classes après la fête l'Aïd al-fitr. Cette mesure a suscité des points de vue divergents chez les libyens qui ont été partagés entre ceux qui ont préféré se reposer et s'éloigner des problèmes des enfants et de l'école et d'autres qui estiment nécessaire que ce mois saint soit un motif pour davantage d'efforts et de travail dans une société qui a besoin, chaque instant, de promouvoir le processus de développement dans le pays.
Source: afriquenligne
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