Comme beaucoup de ses vieux amis de la cité Bassens (15e ) à Marseille, Mohammed s'est mis cette année à l'heure du chaabane. À Marseille, ce sont surtout les anciens qui observent ce jeûne préparatoire au ramadan: "C'est une façon d'aller un peu plus loin dans sa foi", explique le pieux sexagénaire, qui y tient beaucoup. Mais pour tous les musulmans marseillais, c'est bien ce matin, à l'aube, qu'a démarré le traditionnel mois de jeûne. Jusqu'à la fin septembre, ils s'abstiendront de boire et de manger du lever au coucher du soleil: "C'est un temps de purification pour le corps et le coeur", se réjouit Mohsen Ngazou, le directeur du centre musulman de Marseille.
"Au bout de deux ou trois jours de jeûne, observe Mohammed Madani, à la belle épicerie Arax, le corps s'habitue très bien. Vendre de la nourriture en journée, ça ne me dérange pas. Mais c'était plus difficile lorsque j'étais chef!" Le ramadan reste aussi une période de générosité dans la communauté. Discrètes ("Parler de sa bonne action, ça ne se fait pas") les initiatives n'en sont pas moins légion. Ainsi, ce boulanger va fermer boutique pour "cuisiner seulement pour les miséreux"-et pas juste pour les musulmans; les associations Al Amana (44, La Canebière) ou Femmes d'ici et d'ailleurs (4, rue Mazagran) offriront parfois plus d'une centaine de repas chaque soir. "Nous faisons des collectes auprès des commerçants, explique Fatima Rhazi, présidente de cette dernière. Et ce sont des femmes qui viennent spontanément cuisiner!"
Source: laprovence