Si ce ne sont pas les 'group organisers' qui se voient retirer leur permis, ce sont des critiques à l'encontre du Islamic Cultural Centre (ICC) ou de la 'pre Hajj Mission' qui sont avancées à tout bout de champ. Impact News s'est entretenu avec le chairman du ICC, Samad Nazeer, en ce qui concerne l'organisation du Hajj cette année. Ce dernier ne mâche pas ses mots à l'égard de certains organisateurs qu'ils accusent carrément de pratiquer quelque forme de "malhonnêteté".
Le Hajj approche à grands pas et chaque année, les mauvaises langues disent que l'organisation, à Maurice, de ce grand pèlerinage est devenu un "business" très lucratif. Est-ce que c'est le cas ?
Je peux dire qu'il y a très peu d'organisateurs, pour ne pas dire deux ou trois, qui sont honnêtes. J'éviterai de citer des noms car je ne veux pas que d'autres viennent me dire que je suis en train de protéger qui que ce soit. Je connais un organisateur qui fait extrêmement bien. Grâce à des dons, il a pourvu de la nourriture aux Hajees au sein de son groupe pendant tout le long du pèlerinage. Certains l'avaient même accusé d'utiliser l'argent de Zakaat (aumône obligatoire). Ce qui n'était pas le cas parce que les personnes concernées qui ayant fait ces dons sont venues de l'avant pour rétablir la vérité.
-Vous dites qu'il n'y a qu'une minorité d'organisateurs qui sont honnêtes, mais qu'en est-il des autres ?
-Ce que je veux dire c'est que cette minorité n'est pas en train de berner et de voler les Hajees comme les autres. Ils sont crédibles.
-Mais est-ce que les gens ont raison quand ils disent que c'est un "business" lucratif ?
-Définitivement ! Ces organisateurs malhonnêtes embêtent les Hajees en ce qui concerne les hôtels où seront logés les pélerins. Ils font des gros profits. Pour vous donner un exemple, imaginez un organisateur qui perçoit Rs 5 000 de profit sur le dos d'une centaine de Hajees - idem pour le Qurbani (sacrifice d'Abraham). Il y a même des organisateurs qui organisent des excursions à Jeddah. Ce sont des "business-minded people".
-Pourquoi le ICC octroie un permis à de telles organisations si vous dites qu'elles ne sont pas honnêtes ?
-Nous sommes au courant que la plupart des organisateurs "pé faire business". C'est pour cette raison que nous voulons aussi que le ICC devienne un "group organiser". Il est vrai aussi qu'il y a des frais. Mais nous voulons que ce soit un "non-profit-making venture". Cependant, il y a une clause dans la ICC Act qui n'est pas claire et cela nous empêche de le faire.
-Le ICC pourrait demander au gouvernement d'amender la ICC Act ?
-Nous avons déjà eu des pourparlers avec le vice-Premier ministre, le Dr Rashid Beebeejaun, pour trouver une formule afin que le ICC puisse agir en tant qu'opérateur et aussi en tant que superviseur. Si nous le faisons maintenant, les gens vont dire que nous sommes à la fois "judge and party".
-Le Security Bond de Rs 250 000 a été revu à la hausse pour atteindre les Rs 750 000. Nous voyons que plusieurs opérateurs se sont regroupés au sein d'une seule organisation et de ce fait contourner ce règlement?
-Non pas du tout. Normalement, auparavant un opérateur avait le droit d'emmener au minimum une cinquantaine de Hajees et le Security Bond était de Rs 250 000. Allons dire qu'une dizaine de ces 50 Hajees sont partis faire du shopping et ils n'ont pas pu prendre l'avion. Qui va les rapatrier ? Air Mauritius ne va pas le faire parce qu'on ne peut pas affréter un avion pour dix Hajees seulement.
Pour ces dix Hajees, le billet d'avion peut s'élever à plus de Rs 500 000. De nos jours, un opérateur a le droit d'emmener jusqu'à 150 Hajees. Si un tel problème survennait comment est-ce que l'opérateur pourra rapatrier les hajees laissés derrière avec un Security Bond de Rs 250 000. C'est pour cette raison qu'il a été revu à la hausse. S'il y a des plaintes de la part des Hajees, c'est avec cet argent qu'ils vont être dédommagés. Avant les pèlerins avaient un délai de six mois pour déposer leurs plaintes. Nous avons ramené ce délai à un mois. S'il n'y pas eu de plaintes dans ce délai, nous remboursons ce Security Bond.
Pour revenir à votre question, en se regroupant au sein d'une seule organisation les opérateurs vont devoir apporter leur cotepart. Les gens pensent que dès que le prix du pétrole baisse, le prix du billet d'avion va baisser le lendemain. Ce n'est pas le cas. A ce jour, le billet d'avion tourne autour de Rs 47 500 à Rs 48 000, incluant le Fuel Surcharge.
-Par rapport au coût élevé du Hajj, des opérateurs disent que les tarifs hôtelliers sont trop chers en Arabie saoudite. Qu'en est-il exactement?
-C'est effectivement une réalité. C'est bien le cas cette année. Voyez-vous les pélerins mauriciens se sont habitués à résider dans des hôtels qui se trouvent dans la région de Shamia.. Malheureusement, ces hôtels ont été démolis. Il y a donc un manque de ce côté là et de ce fait les autres hôtels offrent des tarifs très élevés.
Les prix ont presque triplé. La dernière fois que j'étais en Arabie saoudite, j'étais allé voir un hôtel dont le tariff était de 5 000 riyals. Mais quand la Hajj Mission s'y est rendu, le prix a grimpé jusqu'à 7 500 riyals. La fluctuation du prix du pétrole cause aussi un problème. Les gens pensent que dès que le prix du pétrole baisse, le prix du billet d'avion va baisser le lendemain. Ce n'est pas le cas. A ce jour, le billet d'avion tourne autour de Rs 47 500 à Rs 48 000, incluant le Fuel Surcharge. Sinon le billet sans cette surcharge est d'environ Rs 36 000. Il se peut que le prix du billet baisse.
Mais jusqu'à présent on ne peut pas avancer un chiffre exact concernant le coût total du Hajj. Il faut attendre jusqu'à octobre pour avoir le chiffre final. En fait, c'est le prix du Fuel Surcharge qui varie. Quand nous avions négocié avec Air Mauritius, le Fuel Surcharge était autour de € 152. Il a atteint plus de € 200 en trois mois. Il y aussi la taxe aéroportuaire qui est de 50 riyals (Rs 400), le Royalty de US$ 55,75 (Rs 1 672.50). Le Royalty a presque doublé, mais grâce à l'intervention du ministre Abu Kasenally, les US$ 55,75 ont été maintenus pour Maurice seulement.
Source: impactnews