Dans un communiqué, le Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie dénonce une enquête réalisée, selon lui, entièrement à charge et critique un "propos partial, manichéen et unilatéral", un ton "accusateur" et l'emploi d'un vocabulaire "tendancieux" tout au long de l'article.
"Le MRAX ne nie pas que des incidents puissent ici ou là se produire dans nos écoles" et "ne conteste absolument pas le fait même de critiquer l'islam en tant que religion" mais estime que l'enquête du Vif "alimente l'islamophobie et le racisme anti-musulman".
L'association anti-raciste reproche en particulier à l'auteur de l'enquête d'avoir utilisé des cas particuliers pour "donner corps à chaque difficulté alléguée, sans respect du 'contradictoire' et sans témoignage en sens contraire".
"Il n'existe pas d'étude sur l'ampleur du phénomène", reconnaît Dorothée Klein, rédactrice en chef du Vif, "mais il ne se limite pas à deux ou trois écoles".
"Il y a menace sur les fondements de l'école", quand un enseignant doit faire face au "créationnisme" ou au refus de ses étudiants d'entendre parler du génocide arménien, ajoute-t-elle par ailleurs.
"Le but était de tirer la sonnette d'alarme sur un sujet tabou, nous avons eu le courage de le faire", poursuit la responsable, qui rappelle que Le Vif a récemment publié un dossier sur le thème "comprendre l'islam".
Les journalistes du Vif ne cautionnent pas les titres choisis par leur directeur de rédaction ou rédacteur en chef
Les membres de la Société des Journalistes du Vif/L'Express (SDJ) soulignent dans un communiqué de presse qu'ils ne cautionnent pas les titres mis en cause par le Mrax.
L'enquête de l'hebdomadaire était intitulée "Comment l'Islam menace l'école". A l'intérieur du même numéro, c'est le titre "Comment l'Islam gangrène l'école" qui figure en début de reportage. Les journalistes tiennent à rappeler que le choix des titres ne relève pas de leur compétence, mais de celle du directeur de la rédaction et/ou de la rédaction en chef. Ils expriment également leur malaise face à l'évolution générale de la politique de titraille et de couverture de leur hebdomadaire.
En revanche, les journalistes soutiennent la démarche journalistique de l'auteur du dossier, "qui aborde un sujet tabou et dérangeant, et ce sans fausse complaisance".
Source: RTL