L’incroyable histoire d’une jeune convertie et de son premier Ramadhan

14:29 - September 08, 2008
Code de l'info: 1684917
Maurice(IQNA)- Fardeena, qui a grandi dans une famille très croyante, continue à faire son cheminement et plus que les années avançaient, plus les questions qu'elle se posait devenaient de plus en plus persistantes dans sa tête.
Chose intrigante quelque peu pour Fardeena, c'est que "j'avais beaucoup d'amis/es de foi musulmane et souvent lorsque nous échangions des idées sur des sujets très sérieux, ils me disaient, que je réfléchissais comme une musulmane sans le savoir".
En 1995, Fardeena se marie et vient ainsi habiter Phoenix. Elle se retrouvait alors entourée de musulmans, ce qui ne l'avait jamais dérangée. Elle nous racontera un fait assez exceptionnel qui avait une ascendance particulière sur elle. "En effet, je ne pouvais entendre l'appel du muezzin (l'azaan) avant la salaat Fajr. En entendant l'appel de l'azaan chaque matin, je fondais en larmes sans comprendre quoi que ce soit et sans connaître le pourquoi. L'appel du muezzin me bouleversait étrangement".
La vie de Fardeena va continuer tout doucement jusqu'au Ramadan où les choses vont se préciser. "Comme j'avais une femme de ménage de foi musulmane qui travaillait chez moi, quelque chose d'assez inattendu allait se produire. Un jour, en pleine période du Ramadan, lorsque je prenais mon déjeuner, cela me devenait insupportable de manger devant la femme de ménage tout en sachant qu'elle jeûnait. Je lui ai alors proposé de l'aider aux tâches ménagères mais elle n'a pas concédé à ma requête. Une chose incroyable va alors se produire. En dernier lieu, sans savoir comment et pourquoi je lui ai tout simplement dit :
- " Mo pou garde roza avec ou, jour qui ou pou vini". Ensuite "je lui ai demandé de me donner un calendrier où étaient inscrites les heures pour le jeûne et de m'expliquer également comment accomplir les ablutions". "Tellement chavirée par mon attitude et sentant se passer des choses inexplicables en moi, ne pouvant attendre, le lendemain, comme à l'accoutumée, je me suis réveillée à l’idée de commencer à jeûner sans que personne, y compris mon mari et ma fille, ne le sache", nous raconte notre interlocutrice.
Continuant à nous relater son incroyable histoire, Fardeena nous dira que "pour le sehri, je n’ai mangé qu'un weetabix pendant que mon mari était en plein sommeil. Je dois dire que pour ma première journée, je l'ai trouvée très difficile. On était en plein été et la chaleur battait son plein. J'avais tellement chaud et je souffrais d'une affreuse migraine".
A l'heure de rompre le jeûne, c'est-àdire l'iftaar, "j'ai écouté l'azaan et ensuite j'ai dîné normalement. Je dois dire qu'à l'époque, je ne savais pas qu'il fallait rompre le jeûne avec de l'eau et une date. Ensuite je suis allée dans ma chambre et j'ai demandé des 'duah' sans savoir comment et sans que mon mari, bien évidemment, ne le sache. Les jours passaient et je continuais à poursuivre ma voie dans le jeûne".
Néanmoins, les choses n'allaient pas en rester là car en pleine période de Ramadan, "je me suis trouvée dans l'obligation d'aller passer quelques jours au campement, avec mari et enfant. J'étais très inquiète parce que je voulais continuer à faire le Ramadan". Pour le sehri au campement, Fardeena nous raconte qu'elle devait trouver des prétextes chaque matin.
Comme elle était une personne sportive, elle a fait croire à son mari qu'elle nageait dans la piscine, pour n'éveiller aucun soupçon. Pour le déjeuner par contre, les choses s'annonçaient plus difficiles. Je devais trouver une fois de plus des prétextes pour aller à titre d'exemple manger sous l'arbre, accompagnée de ma nièce. Comme elle était la seule personne qui était au courant, c'est elle qui a mangé mon assiette".
"Une chose que je tiens à dire c'est que dès mon premier ramadan, j'ai ouvert les yeux par rapport à beaucoup de choses, plus particulièrement au gaspillage et à la gourmandise, qui n'avait pas sa place dans l'Islam".
Le temps passe et Fardeena s'intéresse de plus en plus à l'Islam. Elle écoute les émissions et emprunte même des livres. Prenant son courage à deux mains, elle va rentrer en contact avec la Société Islamique de Maurice (SIM) pour s'enquérir sur le fait de connaître davantage l'Islam.
"C'est alors que j'ai reçu les coordonnées d'Ahmed Atchia. Allant le rencontrer, je dois dire que j'ai reçu un accueil chaleureux de sa part en me mettant parfaitement à l'aise. La première impression était la bonne, car il n'avait rien d'extrémisme en lui. Je lui ai posé de nombreuses questions et il a répondu à toutes mes interrogations".
"Au même moment, des événements peu glorieux vont se produire dans ma vie sur le plan familial. A un certain moment, je me suis retrouvée dans l'obligation d'aller à Madagascar où j'ai vécu l'enfer avec mon mari. C'est à mon retour que je vais définitivement prendre la décision d'embrasser l'Islam. En rentrant de Madagascar à son tour, j'ai finalement avoué à mon mari mon désir de conversion", raconte Fardeena.
Des choses et d'autres vont se passer et cette dernière va connaître beaucoup d'épreuves. "Mon désir d'embrasser l'Islam était tellement fort que j'ai accepté de tout perdre pour me convertir", nous dira-t-elle. "Je dois avouer que tout ce que j'ai lu dans le Coran, je l'ai vécu et la traversée d'un musulman sur terre n'est pas aussi facile. J'ai connu beaucoup de souffrances, de rejets, de pleurs, mais je n'ai jamais abandonné".
Aujourd'hui, "je dois dire que lorsque je repense à ma vie d'antan qui me rattrape de temps à autre, je me dis que si j'avais la possibilité d'effacer cette ancienne vie, je la ferai parce que le Tout dans la vie c'est l'Islam et rien d'autre".
"Allah ine travaille moi et ine moule moi pou mo rentre dans l'Islam. Ce n'est pas par l'amour enn dimoune qui mo ti pou rentre dans l'Islam. C'est Allah, par bann épreuves qui Li finn fer moi vive, qui finn fer moi embrasse l'Islam à fond". "Péna enn duah qui mo demandé et qui Allah pas exaucé. Il est vrai qui mo finn gagne beaucoup difficultés mais par ailleurs, Allah ine garde toujours so la Main lors moi".
Fardeena nous avouera en dernier lieu que "éna des fois, avant mo ouvert mo la bouche pou demande Allah enn affaire, Allah donne moi li tout de suite ou Li ouvert mo chemin. Quand éna Allah, même péna personne, li pas grave, c'est Lui le Maître du monde et cela me suffit amplement".
Voyage au coeur de l'univers d'une jeune femme qui, un jour en se réveillant, a fait basculer sa vie en lâchant tout, bravant les vagues de l'incertitude, de souffrances pour finalement choisir le chemin menant à l'éternité qu'est le chemin d'Allah. Convertie déjà depuis quelques années, Fardeena (Khatija) nous livre bien au-delà des pluies de son coeur, des hivers du désespoir en nous invitant à traverser les frontières du tolérable pour entrer dans celles de l'intolérable qu'est l'extraordinaire saison de lumière, le printemps de l'espoir, bref, sa renaissance dans l'Islam.
Nous relatant son incroyable rencontre avec Dieu, Fardeena remonte ainsi dans la période de sa tendre enfance pour nous faire comprendre qu'elle avait déjà été choisie par Allah sans le savoir. "Depuis que je suis enfant, je me différenciais des autres, c'est-à-dire de mes frères et soeurs. Je ne pouvais l'expliquer mais je ressentais au fond de moi cette différence, sans savoir d'où elle venait et où elle allait m'emmener. Je me sentais étranger aux autres et même à ma propre famille. En dépit de mon très jeune âge, je passais énormément de temps à réfléchir. Je pouvais tout simplement m'arrêter devant une fleur du jardin et méditer sur sa création tellement qu'elle était parfaite. Cela m'amenait à penser à sa création et au-delà de ça".
Source: impactnews
captcha