Chaque ville a ses propres traditions qui refont surface chaque fois que le mois sacré est là. Dans les quartiers casablancais à forte densité, l’ambiance du Ramadan se vit au quotidien dans une ambiance de piété, de joie et de tolérance. La ville semble être prise dans une activité fiévreuse où les commerces, nécessité oblige, changent leurs décors habituels pour chatouiller agréablement l’odorat de mets, de gâteaux miellés et autres sucreries qu’ils présentent sur des plateaux d’argent ou enroulés dans des assiettes en plastique.
Dans la capitale économique du pays, l’ambiance du Ramadan s’est confortablement ancrée dans le comportement socioculturel et spirituel des citoyens, avec les dimensions de partage et de solidarité qui caractérisent ce mois sacré.
Chaque jour, les ménagères effectuent de longues randonnées aux kissariats et marchés de la zone pour choisir aliments, épices et ingrédients qu’elles vont magiquement combiner pour le «Ftour». Ces mouvements de femmes s’accompagnent souvent de salutations spontanées entre passantes qui ont, en commun, ce même désir de palabrer et d’évoquer les bienfaits de ce mois sacré.
Nos femmes ont aussi le temps de vanter leurs recettes culinaires et de s’informer sur les dernières innovations dans la confection du meloui, beghrir, harcha et autres mets conçus spécialement pour le dernier repas de la nuit (shour).
Dans la ville blanche, le Ramadan, c’est aussi la joie que procurent les dernières minutes du Siyam (jeûne), où chaque membre de la famille contribue à l’ornement de la «maida du F’tour» sur laquelle s’étalent les différents plats et mets qui perpétuent la généreuse tradition culinaire de ce mois sacré. Tout le monde y contribue. Même les hommes participent aux tâches domestiques pour rajouter leur touche joyeuse à l’ambiance ramanadesque.
Mais au niveau de la circulation, et à quelques minutes de la rupture du jeûne, la ville semble perdre son sens habituel et ses différentes artères connaissent des embouteillages énormes. Et ce à cause de ce mouvement incessant de voitures, de bus, de taxis et autres moyens de transport. Tout le monde veut rentrer chez lui avant le F’tour. Mais peu après l’appel à la prière annonciateur de la rupture du jeûne, la ville plonge dans un silence glacial.
Ce mois à Casablanca est également ponctué par la solidarité et le partage dans les différents quartiers de la ville. Cela se manifeste dans plusieurs quartiers casablancais par des «tables de charité» organisées chaque soir au profit de ceux qui, encore nombreux, n’ont pas la possibilité de manger à leur faim.
Le Ramadan à Casablanca, c’est aussi l’atmosphère festive qu’offre l’animation culturelle et artistique (soirées musicales, poétiques, théâtrales..) programmée quotidiennement dans les divers centres et espaces de la ville. Dans certains espaces, les spectacles se suivent et ne se ressemblent pas jusqu’au «Shour»
Piété, enseignement religieux, animation culturelle, art culinaire, soirées, spectacles, «Tramden» seul le mois du ramadan peut réussir tout cela à la fois.
Source: albayane