Le système financier Islamique : tête de pont pour l’Afrique

16:06 - September 09, 2008
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Afrique(IQNA)- Gonflés par des revenus pétroliers énormes, les pays du Golfe sont à leurs tours à l’affût de toute possibilité profitable auprès des millions de musulmans qui n’habitent qu’à l’autre rive de la Mer Rouge.
Les économies africaines enregistrent d’importants taux de croissance et même si beaucoup d’africains ne disposent pas encore de comptes bancaires, les systèmes bancaires dans plusieurs pays africains connaissent de remarquables progrès. Les banquiers des pays du Golfe espèrent que les citoyens des classes moyennes, notamment dans les pays musulmans de la partie Nord du continent, se tourneront vers les systèmes financiers islamiques. Une manière qui permettra à ces entreprises financières de générer des profits considérables grâces aux bonds islamiques, communément connus sous le nom de «Soukouk»(les chèques en langue arabe).
Selon l’agence de notation Moody’s, malgré un volume de financement islamique important de 18 milliards de dollars à la fin de l’année précédente, le potentiel remonterait à 235 Milliards de dollars, soit la moitié de l’estimation du PIB de la population musulmane en Afrique. Jusque là, l’infiltration des fonds des pays du Golfe en Afrique s’est limitée à quelques pays. Le Soudan, pays dans lequel seul le financement obéissant à la Chariâa est permis dans la partie Nord du pays, attire plus que la moitié des fonds des banques islamiques en Afrique. Nombre de banques du Golfe, habituées à la langue de ce pays ainsi qu’à ses ressources énergétiques, ont uni leurs forces avec les investisseurs soudanais dans l’objectif de lancer des banques islamiques. L’année dernière a vu le lancement du premier système «Soukouk» par une compagnie de ciment soudanaise. Conjointement, le gouvernement soudanais a accrédité des investisseurs des pays du Golfe au mois de janvier dernier, à servir ces chèques dans l’objectif de dépasser les sanctions économiques imposées sur le pays par les Etats Unis.
Mais l’industrie bancaire soudanaise demeure encore en voie de développement et peu de pays africains réussissent à combiner le grand désir de promouvoir le système bancaire islamique avec la grandissante demande des clients musulmans. «Le système bancaire islamique est un luxe» admet Anouar Hassan de l’agence Moody’s «il serait mieux qu’il performe d’une meilleure façon avec les systèmes bancaires déjà établis tels que celui du Kenya ou celui de l’Afrique du Sud. Établie en 1989, Al Baraka est la seule banque islamique en Afrique Du Sud, au Kenya le gouvernement a permis le lancement de deux banques islamiques l’année dernière à savoir le Gulf African Bank et le First Community Bank, tous les deux financés par des fonds des pays du Golfe.
Non loin, les banques occidentales baignent leurs doigts à leurs tours. Au Kenya, Barkleys (banque américaine) a été la première à offrir un compte bancaire islamique, très simplement nommé « la riba » (pas d’intérêts). En Afrique du Sud, c’était la ABSA à ouvrir une division bancaire islamique en 2006. Elle offre des téléphones, des connexions Internet ainsi qu’une branche bancaire. Son président Ahmed Moola, sans pour autant donner des chiffres, a admis que la division a été bénéficiaire l’année dernière.
Les meilleures applications du financement islamique se trouvent dans les pays africains ou les musulmans sont des minorités. Elles leur offrent une manière d’affirmer leur héritage culturel. Hamza Farooqi, patron de la CII Holding, un groupe sud africain d’affaire multidisciplinaire, est graduellement en train de migrer du système bancaire conventionnel vers le système bancaire islamique et notamment vers celui de la ABSA. Il leur ait demandé une aide financière pour son premier hôtel 5 étoiles « sec » à Cape Town.
Le financement islamique en Afrique est une niche prometteuse, et probablement elle sera plus importante dans les années à venir. L’érudite islamique est minime et distante, peu de pays dispose d’une législation favorable au financement islamique, et la marge demeure encore minime par rapport aux systèmes occidentaux conventionnels. Quelques pays, tel que le Nigéria, avec prés de 70 millions de musulmans et un secteur bancaire en plein boom, représente une esplanade fertile pour la discipline.
Les terrains les plus prometteurs pour le financement islamique sont alors le financement des projets et les « Bonds ». Le besoin énorme du continent en matière d’infrastructure ira ensemble avec le manque de fonds d’investissements, les investisseurs des pays du golfe combleront donc ce gap. Des projets de financement sont en parfaite mesure pour les instruments de financement islamique, qui est à son tour à la recherche d’une assistance financière physique. Le Gulf Finance House, le fonds d’investissement islamique bahreïni, a signé un contrat de 1.4 Milliards de dollars pour la construction de deux projets touristiques au Maroc. Le Sénégal est aussi en train de créer son système souverain de « Soukouk ».
Ça pourrait être la version du 21ème siècle de « la course pour l’Afrique”. Mais cette fois là c’est le Golfe qui la mène au côté de la Chine.
Source: africanmanager
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