Dès le 11è siècle, le Kawar nigérien(extrême–est) est profondément islamisé et au 12è siècle déjà ce pays vivait sous le régime de la charia, la loi fondée sur le Coran et la Sounna du Prophète Mohamed(SAWA), a indiqué le Pr Hamani, lors du vernissage samedi de son ouvrage à la Maison de la culture de Niamey.
Avec ce livre, «on peut sans doute considérer que c’est désormais un grand vide qui vient d’être comblé dans la compréhension et la connaissance profonde de l’âme de notre pays» témoigne l’historien, Boubacar Seyni Gagara.
Il s’agit donc, a-t-il ajouté, d’une histoire «originale» du Niger, puisque «c’est le premier livre entièrement écrit par un Nigérien, dans ce domaine bien spécifique qui nous aide à savoir véritablement d’où nous venons et qui nous sommes».
L’auteur étant lui-même musulman, «c’est une histoire authentique qu’il nous retrace, au delà de tout préjugé culturel ou à-peu-près linguistique. C’est l’histoire de son milieu, l’histoire de son pays» a précisé Seyni Gagara.
Le Professeur Hamani, également enseignant à l’université de Niamey, défile dans ce livre de 338 pages, 12 siècles d’histoire islamique du Niger, d’où on apprend que «l’islam a mis pied au Soudan Central avant même d’atteindre certains pays devenus aujourd’hui arabes».
Depuis le 7ème siècle de l’ère chrétienne, écrit-t-il, l’Islam a profondément marqué le devenir des sociétés soudanaises en général et nigériennes en particulier, au point qu’il est impossible de les comprendre sans prendre en considération la profonde empreinte que l’islam a eu sur elles.
Ce livre présente, documents à l’appui, le long processus d’islamisation de la région et les transformations que l’Islam a introduites dans sa vie politique, sociale et économique, ainsi que dans son champ de relations internationales.
Il analyse le développement, au cours des siècles, d’une intelligentsia locale de plus en plus nombreuse qui finit par entrer en conflit avec les autorités politiques.
L’étude détaillée des Jihad du 19ème siècle rétablit «la vérité historique» en montrant les racines profondes de ces mouvements que la plupart des écrits antérieurs –qui furent surtout l’œuvre d’agents coloniaux- ont présenté comme des affrontements tribaux habillés de religion.
Selon l’auteur, les documents utilisés dans cet ouvrage montrent que les régions étudiées ici ne furent pas celles d’un «Islam périphérique» ou d’un «Islam Noir» mais, tout simplement, d’une partie de la «Dar al- Islam».
Paru en fin juin 2007 aux Editions L’Harmattan sous la rubrique ‘’Etudes Africaines’’, le livre se décline en quatre parties segmentées elles-mêmes en 30 chapitres.
Dans la première partie, l’auteur a suivi pour l’Islam à la trace du désert arabique aux portes du Soudan central, et la deuxième partie est recentrée sur l’Islam au Soudan Central.
L’ouvrage consacre sa troisième partie au triomphe de l’Islam, 15è- 18è S, tandis que le quatrième compartiment plonge dans les méandres du 19ème siècle avec tous les Jihad qu’on a connu dans notre vaste ensemble sous régional.
De bout en bout, le livre est bâti d’une succession de ruptures et de rebondissements, de stagnations et de bonds en avant dans l’installation de l’Islam au sein des sociétés africaines.
Source: APA