Président du CRCM: « Notre priorité, c'est la communication »

16:50 - September 23, 2008
Code de l'info: 1690643
France(IQNA)- Pour des raisons de calendrier, le Conseil représentatif du culte musulman Pays de la Loire a élu son président au début du mois de septembre.
A 31 ans, Saad Chettouh, tête de liste du Rassemblement des associations musulmanes de l'ouest(RAMO), serait le plus jeune président de région. Ancien secrétaire général de l'AIOF, association islamique de l'ouest de la France proche de l'UOIF, Saad Chettouh entend donner une nouvelle visibilité au CRCM, «à l'image de la population» de sa région souligne-t-il.
-Vous êtes, a priori, le plus jeune président de CRCM. A 31 ans, qu'est ce qui vous a amené à vous présenter à ces élections?
-Tout d'abord, j'ai été frappé par la méconnaissance parfois totale de la part des populations musulmane de l'ouest à l'égard du CFCM et du CRCM. Je me suis dit que ce n'était pas normal qu'un jeune aujourd'hui ou d'autres se disent encore "on ne sait pas à quoi ça sert ". C'est une des raisons essentielles de mon engagement. Avec mes collègues, on est tous d'accord là dessus. Et aussi, si l'on veut se faire connaitre pour pouvoir s'adresser à la population, il fallait un CRCM à l'image de la population. C'est vrai qu'il y a beaucoup de jeunes qui fréquentent les mosquées et je pense que le message pourrait mieux passer si des personnes "de leur génération" s'adressent à eux.
-Vous voulez donner une autre visibilité et une nouvelle image au CRCM, c'est ça ?
-Exactement. C'est important. Nous en avons fait une priorité dans notre bureau. Une meilleure connaissance du CRCM, de ses activités, de ses prérogatives. Nous souhaitons également une meilleure connaissance et reconnaissance de la part de la communauté. Et pour cela, il faut travailler, être initiateur de projets.
-Et justement, quelles vont être vos prochaines actions, quelles sont vos priorités à la tête du CRCM Pays de la Loire?
-D'une part, il est important de considérer le travail qui a déjà été fait. Il y a eu deux premiers mandats qu'il ne faut pas nier. Des personnes étaient là avant nous. Elles ont mené un travail qu'il faut conserver, améliorer et renforcer.
Aujourd'hui, notre priorité, c'est d'abord la communication vers les mosquées, la communauté et les fidèles. Nous allons poursuivre le travail de reconnaissance auprès des pouvoirs publics, c'est important.
Tout un tas d'autres services sont à mettre en place, comme les aumôneries dans les armées, les hôpitaux et les prisons. Les sépultures et les carrés musulmans aussi. Il y a une carence un peu partout. On s'est rendu compte que certaines tombes étaient mal orientées, alors que dans d'autres villes il n'y avait aucun espace aménagé.
Le dialogue interreligieux est également important à notre sens, parce que ça va vers la connaissance de l'autre, vers la tolérance et le respect d'autrui. Il ne faut pas négliger ce domaine là. Voilà, nos priorités. Mais il y a tellement de dossiers… on s'en chargera quand on aura les moyens, le temps et la capacité de s'y consacrer.
-Quels sont vos projets en cours ?
-'est le début. On ne veut pas aller trop vite non plus, pour ne pas donner de faux espoirs. On veut vraiment développer des projets viables. A court terme nous allons créer un conseil des imams de la région Pays de la Loire. Il se réunira régulièrement et aura pour objectif de produire une meilleure coordination et communication entre les mosquées. Et agir ainsi d'une façon homogène lors de certains grands moments de l'année ou quand un problème se présente, ponctuellement, ou pour parler de sujets importants touchant à la communauté afin que chaque imam puisse le traiter dans sa mosquée. Par exemple, le mariage civil avant le mariage religieux, une obligation de loi française que certains ignorent et qui cause beaucoup de problèmes dans des couples.
-Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la composition de la communauté musulmane du Pays de la Loire ?
-Sur un peu plus de 3 millions d'habitants sur la région, je dirai qu'il y a environ, 30 à 40 000 musulmans en Pays de la Loire. Ce n'est pas un chiffre officiel. Après, les grosses structures, les grosses mosquées sont sur Nantes et Angers, notamment. Mais dans le détail, je ne sais pas trop encore. C'est le début, et je n'ai pas encore rencontré les associations pour vous dire.
- Existe-t-il des besoins ou des demandes spécifiques exprimées par les musulmans de votre région ?
-Jstement c'est quelque chose que l'on ne connait pas encore, puisque l'on débute. C'est quelque chose qui va se faire, puisque nous avons prévu de visiter chaque mosquée au moins une fois dans l'année. Leur rendre visite et les écouter, surtout, pour voir ce qui va, ce qui ne va pas et procéder ainsi à une remontée d'information ; voir quels sont leurs besoins et leurs difficultés, les soutenir et écouter leurs remarques. Ça, c'est un travail qui va être fait et qui nous permettra de répondre au mieux aux attentes des gens que nous représentons.
Source: saphirnews
captcha