Leur détention préventive a duré un peu moins d'un mois. Les deux jeunes, interpellés, mis en examen et écroués dans le cadre de l'enquête sur la profanation du carré musulman, à Notre-Dame-de-Lorette, ont été remis en liberté vendredi.
Ces deux jeunes (l'un est militaire de carrière à Douai) figuraient parmi les dix personnes interpellées le matin du 9 septembre, autour d'Arras et de Lens.
Leurs avocats, Mes David et Jean-Louis Lefranc, avaient alors mis en doute la consistance du dossier concernant leurs clients. « Un dossier passoire », ou « dossier vide »... Telles étaient les expressions utilisées le 10 septembre, suite aux mises en examen et incarcérations. Les deux avocats prétendaient par ailleurs qu'aucun élément matériel ne permettait de confondre leurs clients.
Vendredi, l'affaire a connu une nouvelle étape avec la remise en liberté des deux mis en cause. « Les juges d'instruction ont pris des ordonnances de remise en liberté de deux personnes détenues préventivement », expliquait, hier, le parquet de Béthune qui, pour l'heure, n'a pas fait appel d'une décision qui ne signifie pas que les poursuites sont terminées. Le duo reste en effet mis en examen : « Ils ont été placés sous contrôle judiciaire avec un certain nombre d'obligations classiques. Les juges ont estimé que compte tenu des investigations menées depuis leur mise en détention, celle-ci ne s'imposait plus. »
Hier, maître David Lefranc se disait « satisfait de la sortie » de son client, Steeve C., originaire du Lensois : « Elle lui permettra peut-être de ne pas perdre son travail et c'est sûrement un soulagement pour sa famille. Rappelons aussi qu'il a toujours martelé qu'il était innocent. » Côté réaction, celle d'Abdelkader Aoussedj, président régional de la Fédération de la Grande mosquée de Paris, était empreinte de surprise. « Des bruits couraient ces derniers jours qu'ils seraient libérés mais par faute de preuves », expliquait-il ce samedi. Celui qui était le chef de file des hommages de la communauté musulmane qui se sont succédé sur le site les jours suivant les dégradations, s'est dit « étonné »de cette décision. « Ils sont encore mis en examen, il aurait donc été préférable qu'ils restent en détention pour que ce soit une leçon pour d'autres qui auraient les mêmes idées », précise-t-il tout en se disant « confiant » en la justice française en vue d'un procès « exemplaire des auteurs de ces actes ».
Source: lavoixdunord