Il ne faut pas exagérer les déclarations de Qardhawi

10:43 - October 12, 2008
Code de l'info: 1696425
Téhéran(IQNA)- Les déclarations anti chiites de Qardhawi ont provoqué différentes réactions, à ce sujet nous nous sommes entretenus avec l'Allameh Hassan Safar, religieux chiite d'Arabie Saoudite et Imam de la prière du vendredi de Ghatif qui a souligné que des réponses inconsidérées aux déclarations de Qardhawi n'étaient pas acceptables et risquaient d'être utilisées par les hypocrites et les ennemis de l'islam.
L'Agence internationale de presse coranique(IQNA) avait rapporté les déclarations de Yussof Qardhawi, président du conseil international des ulémas à la fin du mois de Ramadan, lors d'une interview qu'il a avait eue avec le journal égyptien «Al-Mesri Al-Youm» où il avait accusé les chiites de croire à une falsification du Saint Coran, et qu'ils avaient réitéré sans donner de preuves, de façon plus violente ou plus modérées selon les cas.
"Ces événements ne doivent pas être développés outre mesure. J'ai cherché dans mes déclarations à ne pas démolir la personnalité du président du conseil car la dignité et la réputation d'un croyant doivent toujours être préservées. A mon avis, cette affaire n'aurait pas dû être médiatisée de la sorte, car cela porte atteinte à l'unité des musulmans et encourage les discordes.
La communauté islamique peut très facilement gérer ce genre de crise, ce n'est qu'un petit orage mais qui nuit aux relations et que les ulémas et les intellectuels doivent contrôler pour l'avenir de la communauté. J'ai répondu très calmement à Qardhawi et de deux façons. J'ai tout d'abord critiqué ses déclarations qui risquent de provoquer des troubles dans la communauté et de renforcer les obstacles au dialogue entre les écoles. J'espérais que le Cheikh Qardhawi ne serait jamais entré officiellement dans de telles discussions et qu'il n'aurait pas donné l'occasion aux ennemis de l'islam de profiter de ces discordes.
Ce n'est peut être pas son objectif, il n'a peut être cherché qu'à être sincère dans ses déclarations, mais de telles déclarations dans la situation difficile du monde de l'islam ne font qu'enflammer les passions. Ensuite, j'ai souligné que Qardhawi avait peut être, été abusé par certains médias, car ses dernières déclarations s'opposaient aux déclarations qu'il avait faites auparavant. Qardhawi avait présenté un article lors de la conférence sur le rapprochement des écoles islamiques, au Bahreïn, où il rejetait les accusations faites au Chiisme. Le Cheikh Qardhawi a écrit plusieurs livres pour condamner l'extrémisme et les divergences dans la communauté. Dans son livre «الصحوة الاسلامية؛ بين الاختلاف المشروع و التفرق المذموم»(La renaissance islamique à l'époque des divergences illégales et rejetables), il avait condamné toute suspicion entre musulmans.
Les questions sur le saint Coran, l'Histoire et les principes idéologiques ne concernent pas le champ de la Référence religieuse. Chez les chiites ce domaine ne concerne que les questions de jurisprudence, et les religieux chiites n'ont jamais considéré qu'ils étaient obligés de suivre les avis des anciens dans ces domaines. Jamais les savants chiites n'ont prétendu que tout ce qui se trouvait dans le livre Al Kafi de Koleiny ou le livre de Mohades Nouri, était juste et indiscutable.
C'est ce qui fait notre différence avec les sunnites qui eux, acceptent et reconnaissent comme véridique tout ce qui se trouve dans leurs sept Sahih et spécialement dans les Sahih de Bokhari et de Muslim. L'avis de l'Allameh Majlessi, dans son livre «مرآة العقول», sur l'authenticité des Hadith rapportés par le Kafi, a fait que les savants, après l'étude de ces Hadith, n'en ont reconnu parmi les 16000 que 5000 comme exacts «صحيح السند»(ndt c'est à dire comme fiable du point de vue des sources, du contenu et de la chaîne de transmission), soit moins d'un tiers", a-t-il déclaré.
l'Allameh Hassan Safar a invité les médias islamiques à développer les sujets relatifs à l'union et au rapprochement des écoles islamiques, de prévenir les complots des ennemis de l'islam et de travailler à une meilleure information de l'opinion.
Lors d'une interview avec la chaîne télévisée "Rased", le 16 septembre, Hassan Safar avait condamné les déclarations de Qardhawi et lui avait demandé de se rétracter.
Hassan Safar né en 1958 à Ghetif en Arabie saoudite, élève de l'Ayatollah Seyed Mohamad Hosseini Shirazi, de l'Ayatollah Mirza Hassan Ha'eri et de l'Ayatollah Seyed Mohamad Taghi Modaressi, est membre du conseil international pour le rapprochement des écoles islamiques.
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