Un séminaire religieux appelle à l'acceptation culturelle et religieuse

10:19 - October 15, 2008
Code de l'info: 1697623
Tunis(IQNA)- Des spécialistes de la religion et des intellectuels de différents pays ont dit à Tunis que le dialogue et la coexistence entre les religions sont essentielles à la paix.
Des spécialistes de la religion, des intellectuels et des chercheurs venant de pays arabes et européens se sont accordés à Tunis sur le fait que les diversités religieuses et culturelles influençaient le progrès scientifique et la conduite intellectuelle.
C'est arrivé jeudi 9 octobre, lors de la cérémonie de clôture d'un séminaire de trois jours organisé par l'Université Zitouna en coopération avec la Fondation Konrad Adenauer.
Sous l'intitulé "Harmonie et Concorde entre les Religions et les Défis Culturels Internationaux Actuels", le séminaire s'est intéressé à la nécessité de cesser d'utiliser les différences, qu'elles soient religieuses, culturelles ou tribales, pour justifier la violence qui déchire actuellement le monde.
"L'objectif de cette rencontre est de disséminer l'harmonie et la paix entre les êtres humains", dit Salem Bouyahya, Président de l'Université de Zitouna , "et d'appliquer une nouvelle manière de penser recherchée par notre monde d'aujourd'hui, après les déviances qui ont saisi les religions en les transformant en idéologies de la confrontation, loin de leur spiritualité réelle, qui est de propager l'amour dans le monde. "Le séminaire a aussi recommandé de soutenir le dialogue entre les religions et de considérer les particularités culturelles comme un enrichissement de la culture humaine.
Les participants à cette conférence venaient de Tunisie, d'Egypte, du Maroc, de Jordanie, du Liban, d'Italie et d'Allemagne. Leurs échanges ont porté sur des questions comme le rôle des religions divines dans l'affirmation des valeurs de tolérance, d'amour, de sécurité et de paix dans le monde.
Ils se sont également intéressé à la relation entre Islam et Christianisme, et à leurs approches des principes de libertés religieuses et des défis culturels que notre monde actuel se doit de relever.
"La pluralité est une règle divine", dit le Révérend Nabil Haddad, "une caractéristique de l'existence et un carrefour nécessaire pour la prospérité des humains". Concernant la relation entre Islam et Christianisme, Haddad, fondateur et cadre supérieur du Centre Jordanien pour la Recherche sur la Coexistence Religieuse, dit qu'il est important qu'elle soit basée sur une coexistence pacifique.
"Les Chrétiens en Orient ont dû faire face à toutes causes de décès(meurtre, déportation, prouver son innocence sur des accusations partiales) et, pourtant, ils ont planté leurs racines dans leur environnement, en accord avec leur foi chrétienne, qui consolide leurs liens à la Terre où Christ est né. L'unité de terre, d'histoire et de destinée est le facteur qui unit les musulmans et les arabes chrétiens".
Raja Neji, professeur dans une école de Droit à Rabat, a parlé au cours du séminaire de coexistence et d'harmonie au sein d'une même religion.
"L'harmonie et la concorde peuvent s'établir entre les sectes d'une même religion et les sectes du même pays", dit-elle.
Neji parle de la manière dont l'Islam est perçu dans le monde et cite le problème de l'immigration comme une des sources de conflit culturel.
"Nous devons faire face au phénomène de l'immigration, qui a imposé la proximité entre des cultures qui ne se comprennent pas entre elles ; quelque chose qui a mené à un type de compulsion visant à changer les habitudes et les traditions des immigrés dans les pays d'accueil", conclut Neji.
Thomas Shiller, représentant régional de la Fondation Konrad Adenauer, dit que de telles rencontres sont très importantes "parce qu'elles aident à exprimer différents points de vue, à créer un réseau de chercheurs... C'est une chose très importante afin de pouvoir faire face aux préjudices qui ont toujours gouverné les relations entre cultures".
"L'objectif est d'activer le dialogue entre les cultures et les religions", dit Aboubakr Akhzouri, Ministre tunisien des Affaires Religieuses dans son discours de clôture, "dans le but ultime de répandre la culture de la coexistence, du respect des différences et de la diversité".
Source: magharebia
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