Une décision qui risque de diviser un peu plus la population, partagée entre laïcité et Islam modéré. Se pose désormais la question de l'avenir d'Erdogan, qui pourrait rester au pouvoir grâce à sa popularité.
Devant le tribunal où se déroule le procès de la cellule Ergenekon, les nationalistes turcs ne décolèrent pas.
La Turquie se trouve à nouveau dans une impasse politique. La Cour constitutionnelle de Turquie a déclaré que le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, et d'autres membres influents du parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP), avaient été impliqués dans des activités anti-laïques. La plus haute instance judiciaire du pays cite également le ministre de l'Education, Huseyin Celik. Un nom déjà prononcé lors de "l'affaire de l'AKP" en juillet dernier: la même Cour avait décidé de ne pas interdire le parti, jugé trop proche de l'Islam par la classe politique, mais de lui infliger une sévère amende pour "entrave aux principes laïcs". La laïcité, "l'article 68" de la constitution, est l'un des fondements de la République turque, garanti par une armée puissante, populaire et anticléricale.
Mais cette fois, la Cour constitutionnelle n'a pas laissé passer un amendement sur le port du voile islamique. Le gouvernement voulait en effet autoriser ce symbole de l'Islam dans les universités publiques. Cette mesure, qui relève du détail alors que le pays entre dans une période de récession économique inquiétante, soulève les foules ces deux dernières années. Un peu à l'image d'une affaire Dreyfus, la question du voile divise la population, les partis et les institutions turques. Au pouvoir depuis 2002, Tayyip Erdogan avait utilisé ce débat pour devenir l'un des Premiers ministres les plus populaires de l'histoire du pays.
Source: lejdd