Cette fois-ci, la décision semble ferme et définitive. Dans une lettre qu'il vient d'adresser au sous-préfet chargé de mission, Eric Djamakorzian, Bernard Bruno, gérant de l'Agneau Broutard, la société propriétaire de la chaîne d'abattage de Saint-Vallier, fait connaître son intention « de se retirer du processus de l'organisation de l'Aïd-el-Adha » (ndlr, autre nom donné à la fête de l'Aïd-el-Kébir).
Pour justifier sa décision, Bernard Bruno fait état « de la mauvaise fois, de l'inconséquence et de l'irresponsabilité du maire de Saint-Vallier-de-Thiey. » Celui-ci, estime-t-il, « sera responsable vis-à-vis du futur comportement colérique des investisseurs éleveurs et de la population musulmane qui se sentent floués, trahis, inconsidérés, négligés, bafoués dans leur dignité à pratiquer enfin leur religion dans de bonnes conditions par rapport aux différentes promesses faites par le président de la République et son gouvernement. »
Déplorant l'inutilité « des efforts entrepris depuis plus d'une année », le président du syndicat ovin des Alpes-Maritimes rappelle dans son courrier que « pour la première fois, tout était réuni pour la réussite totale et complète de ce projet d'abattoir autant pour la communauté musulmane que pour les investisseurs éleveurs locaux et pour l'Etat. Le maire de Saint-Vallier, conclut-il, doit savoir que sa réaction sera gravement contre-productive du point de vue de l'ordre public, et il devra en assumer toutes les conséquences. »
Les 2 000 abattages prévus à l'occasion de l'Aïd-el-Kébir, début décembre, n'auront donc pas lieu. Ce qui appelle évidemment cette question : où se dérouleront-ils ? Certainement pas dans une autre structure du même type, la seule qui existe dans le département, à Puget-Théniers, étant trop petite pour absorber la demande.
Ne reste, dès lors, pour ceux qui vont sacrifier l'agneau dans le souci de la tradition, que la seule alternative de l'abattage sauvage et clandestin. Une pratique dont on sait les problèmes et les dérives qu'elle entraîne en termes d'hygiène et de salubrité publique.
Source: nicematin