Même s’il n’a pas encore manifesté sa volonté de briguer un troisième mandat, les soutiens se multiplient pour permettre à l’actuel chef de l’Etat de rester encore à son poste pendant cinq ans, avec en toile de fond l’appui des partis politiques et des dignitaires religieux.
Dans une interview qu’il a accordée au journal français «Le Monde» en 2004, le chef de l’Etat nigérien déclarait qu’il allait quitter le pouvoir à la fin de son deuxième et dernier mandat en décembre 2009.
Malgré tout, des soutiens pour un troisième mandant fusent des milieux politiques et de simples anonymes auxquels s’est joint, fait inédit, Cheick Salifou Oumarou, président du Collectif des associations islamiques du Niger(CASIN).
L’érudit musulman a affirmé que «ce n’est pas évident que celui qui vient après Tandja puisse faire avancer le Niger», se déclarant «très surpris» par l’attitude de certains hommes politiques qui pensent que les associations islamiques ne devaient pas avoir d’opinion sur la vie politique du pays.
«Soutenir le président de la République ou ses actions à la tête de l’Etat, c’est une opinion que tout citoyen peut être amené à exprimer ou à ne pas exprimer quand cela est nécessaire», a-t-il affirmé.
«C’est une bonne chose de changer de constitution pour que Tandja continue de diriger le Niger parce qu’il a fait ses preuves», a-t-il estimé, s’empressant d’ajouter que «nous n’avons certes pas de candidat qui va briguer le pouvoir sous la bannière de l’islam mais (…) nous sommes aussi société civile».
La constitution nigérienne, adoptée en 1999, limite l’exercice de la fonction présidentielle à la tête du pays à deux mandats de cinq ans une fois renouvelable.
Pour Cheick Oumarou cette «affaire» de deux mandats, «c’est une histoire. Je suis d’accord par exemple quand quelqu’un fait deux mandats et qu’il n’a rien fait de bon qu’il s’en aille pour de bon. Mais celui qui travaille pour le pays ne doit pas en être empêché».
Le soutien exprimé par le président du CASIN, fort d’une vingtaine de structures islamiques, divise les associations membres, même si aucune ne s’en est démarquée de façon explicite.
«Nous estimons que le président du CASIN a parlé en son nom propre, nous ne nous faisons pas de politique» a indiqué à APA, sous couvert d’anonymat, un responsable de l’Association nigérienne pour l’appel et la solidarité islamique(ANASI).
Par ailleurs, estime le philosophe Amadou Diallo «les marabouts doivent se tenir à l’écart des joutes politiques, ils doivent cesser d’appeler à la trituration des textes de la république».
Car, «qu’on le veuille ou non, ils sont des leaders d’opinion très écoutés et ayant une influence sur l’écrasante majorité de la population à près de 99 pour cent musulmane», a expliqué M. Diallo, également enseignant à l’Université de Niamey.
Source: apanews