Le forum, qui rassemble 29 représentants du Vatican sous la présidence du cardinal Jean-Louis Tauran et autant de musulmans de diverses écoles de pensée conduits par le mufti de Bosnie Mustafa Ceric, comporte une première partie à huis clos, mardi et mercredi.
Les participants seront reçus par le pape Benoît XVI jeudi matin puis se retrouveront face au public jeudi après-midi à l'université pontificale grégorienne, au centre de Rome.
L'intellectuel tunisien Adnane Mokrani, professeur à la Grégorienne et membre de la délégation musulmane, a souhaité mardi que cette réunion sorte du carcan des rencontres officielles traditionnelles.
"Il y a eu tellement de rencontres ces dernières années", a-t-il dit à la radio publique italienne RAI. "Il nous faut trouver une méthode qui permette de sortir le dialogue des cercles fermés habituels pour qu'il devienne d'intérêt public", a-t-il ajouté.
L'Algérien Mustapha Cherif a également souhaité que la "culture du dialogue" manifestée par cette initiative trouve "un impact sur les populations et la jeunesse".
"Nous souhaitons que cette rencontre historique soit plus qu'un discours conciliateur sur la paix et les droits de l'homme mais une vraie confrontation de foi à foi", indique-t-il sur son blog (http://mustapha-cherif.net)
L'intellectuel musulman Tariq Ramadan, figure médiatique et controversée de l'islam européen, a appelé "l'islam et l'Occident" à un "dialogue des civilisations", dans une tribune au quotidien français Le Monde.
Il faut "nous engager ensemble dans la contribution commune aux questions sociales, culturelles et économiques de notre temps", écrit-il.
Le cardinal Tauran a estimé lundi que l'initiative, deux ans après le discours controversé de Benoît XVI à Ratisbonne qui avait mis en émoi le monde musulman, ouvre "un chapitre nouveau dans la longue histoire" du dialogue islamo-chrétien.
Le thème de la rencontre "concerne l'avenir de l'humanité", selon le journal du Vatican l'Osservatore Romano.
Source: AFP