Les délégués se sont engagés à ne pas communiquer avec les médias avant cette entrevue, point d'orgue de cette initiative inédite qui marque un nouveau chapitre dans le dialogue entre l'Eglise catholique et l'islam.
Une déclaration commune doit être rendue publique à l'issue du forum. "Nous nous sommes engagés à ne rien dire avant jeudi, mais comme vous pouvez l'entendre à ma voix, je suis souriant", a déclaré l'un des participants musulmans à l'AFP sous couvert de l'anonymat.
Vingt-neuf représentants catholiques conduits par le cardinal français Jean-Louis Tauran et autant de musulmans présidés par le grand mufti de Bosnie Mustafa Ceric confrontent depuis mardi la vision de leurs deux religions sur "l'amour de Dieu" et "l'amour du prochain".
Selon le programme officiel, la première journée a été consacrée à un exposé de chacune des parties sur les "fondements théologiques et spirituels" du christianisme et de l'islam, suivi d'un débat.
Le pape a rappelé mercredi au cours de son audience générale hebdomadaire que la croyance en la résurrection du Christ "est au fondement de (l') espérance" chrétienne. "Sans elle, la vie chrétienne serait absurde", a-t-il dit.
L'islam considère Jésus comme un Prophète parmi d'autres et ne lui reconnaît aucun caractère divin, insistant sur l'unicité de Dieu. Mercredi, la discussion a porté sur "la dignité de la personne humaine et le respect mutuel". Sur ce sujet, le Vatican demande régulièrement la garantie de la liberté religieuse pour les minorités chrétiennes dans les pays musulmans.
Un groupe de 144 chrétiens de divers pays arabes et européens, dont plusieurs convertis, ont adressé un appel en ce sens aux membres du forum, insistant notamment sur la reconnaissance de la liberté de changer de religion.
"L'actualité hélas ne cesse de le démontrer, les chrétiens en monde musulman sont en sursis et en péril", soulignent-ils dans cet appel publié sur le site de l'association catholique française Notre-Dame de Kabylie.
Le forum Vatican-Islam est le fruit d'un appel au dialogue lancé le 13 octobre 2007 aux chrétiens par 138 religieux et intellectuels musulmans du monde entier.
Cet appel intitulé "A Common World"(un monde commun) a recueilli à ce jour 280 signatures de représentants musulmans de toutes obédiences et l'adhésion de 460 associations. Il a été lancé un an après l'émotion suscitée par le discours prononcé le 11 septembre 2006 par Benoît XVI à Ratisbonne, en Allemagne, jugé offensant pour l'islam.
Source: AFP