Les musulmans français inquiets pour l’Aïd

9:27 - November 22, 2008
Code de l'info: 1710871
Ile-de-France(IQNA)- Un retard dans les autorisations accordées par les services vétérinaires hypothèque l’ouverture du seul abattoir officiel en petite couronne.
A QUINZE JOURS de la fête de l’Aïd-el-Kébir, certains musulmans d’Ile-de-France ne savent toujours pas s’ils pourront procéder au sacrifice rituel du mouton, le 8 ou le 9 décembre. L’abattoir de Villiers-sur-Marne, le plus près de Paris et le seul en petite couronne, n’a toujours pas l’autorisation d’ouverture exceptionnelle pour cette fête incontournable dans la liturgie musulmane.
«La Direction départementale des services vétérinaires du Val-de-Marne(DDSV 94) estime que le dossier n’est pas complet et réclame des documents supplémentaires, explique Patricia, de la société MGDP Investissement, propriétaire de l’abattoir de Villiers. Je crains que nous n’ayons plus le temps de tout organiser pour que le rite se déroule dans de bonnes conditions.»
Parmi les exigences : une centaine d’embauches temporaires, la location d’un chapiteau, la mise en place d’un service vidéo et l’aménagement d’un parking… Pendant ce temps, les éleveurs s’énervent. «Nous avons réservé 700 à 800 agneaux et plus de 2 000 brebis, précise Laurent, représentant de MGDP Investissement. La livraison est prévue jeudi prochain et je n’ai toujours pas le droit de les laisser débarquer.»
De leur côté, les associations du Val-de-Marne, de Seine-Saint-Denis et de l’Essonne se sont mobilisées pour faire signer une pétition en faveur de l’ouverture de l’abattoir de Villiers-sur-Marne. En quelques jours, elle a recueilli des milliers de signatures. «Les gens qui avaient prévu d’acheter un mouton n’auront plus la possibilité de se retourner, cela va être une catastrophe pour eux», insiste le président d’honneur du Haut Conseil des Maliens de France, assurant que l’ambassadeur de son pays était intervenu. Le député-maire(UMP) de Villiers, Jacques-Alain Benisti, en a fait autant, alerté par l’association le Comité de soutien de l’abattoir de Villiers. «On risque d’avoir des abattages clandestins. L’idéal serait que l’autorisation soit pérenne», reconnaît Heidi Farah, son président.
Selon la préfecture, «le dossier est à l’étude et la réponse devrait intervenir en début de semaine prochaine». L’objectif est de satisfaire la communauté musulmane, dans le respect des règles sanitaires. A défaut de Villiers, les fidèles devraient se rendre dans l’un des cinq sites de la Seine-et-Marne.
Source: Le Parisien
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