Les publicités pour des prêts se multiplient à l'approche des célébrations de l'Aïd al-Adha, le 8 décembre. De nombreuses familles estiment nécessaire de s'endetter pour couvrir les coûts de cette fête.
C'est ce qui est arrivé à Hamza Bouselham, qui souscrit chaque année un prêt pour l'achat d'un mouton.
"J'emprunte cinq mille dirhams, que je rembourse en neuf mois", a-t-il expliqué à Magharebia. "Si je ne le faisais pas, je ne pourrais jamais créer une ambiance de fête pour mes enfants, parce que mon salaire est assez bas."
Certaines administrations publiques et sociétés privées proposent des prêts gratuits à leurs employés en plus des primes. Saloua, une secrétaire, explique que la société dans laquelle elle travaille donne à ses employés mille dirhams au moment de l'Aïd et leur permet d'en emprunter deux mille de plus, qu'il est possible de rembourser par traites de deux cents dirhams.
Même les familles les plus pauvres du pays se sentent tenues d'acheter un mouton. Certaines vont même jusqu'à vendre leurs meubles pour satisfaire la tradition. Selon le sociologue Jamal Badidi, il s'agit-là pourtant d'un phénomène purement culturel.
"Cette fête sacrificielle est en principe un rituel religieux, mais au fil du temps, elle est devenue une nécessité culturelle et sociale qui s'enracine dans l'esprit des gens dès leur enfance," explique-t-il. Mais il ajoute que certains "jeunes cultivés abandonnent cette pratique".
Le professeur d'enseignement islamique Mohamed Mamouni souligne pour sa part que dans l'Islam, seuls ceux qui ont assez d'argent doivent suivre ce rite. "Ce n'est pas une obligation. De plus, le but de ce sacrifice est de permettre aux pauvres de recevoir des offrandes des riches", ajoute-t-il.
"Les agents gagnent en un mois ce que les éleveurs gagnent en une année, sans fournir aucun effort", explique Slimane El Maati, un éleveur.
Source: magharebia