"Ces personnes devraient être enterrées là d'où elles viennent. Il n'y a pas de place pour eux sur notre terre sacrée", a déclaré Syed Moinuddin Ashraf, président de l'école coranique Jamia Qadriya Ashrafiya de Bombay(ouest de l'Inde).
M. Ashraf s'exprimait à l'issue d'une rencontre entre responsables de 50 organisations musulmanes pour déterminer leur réaction aux attaques qui ont fait 188 morts et plus de 300 blessés, entre mercredi et samedi dernier, selon un nouveau bilan officiel. Ces responsables religieux espèrent être entendus par les autorités indiennes.
"Si quelqu'un le fait"(enterrer les assaillants en Inde), ce sera une énorme déception, une douche froide(pour nous)" a prévenu M. Ashraf.
"L'ensemble de la communauté musulmane condamne ces attaques. Aucune religion n'apprend à ses fidèles à tuer", a par ailleurs déclaré Mohammed Mansoor Ali Qadami, secrétaire général de la puissante coalition All India Sunni Jamiat-ul-Ulema.
Les Musulmans de Bombay, qui représentent deux des 19 millions d'habitants de la ville, ont prévu une marche de la paix en hommage aux victimes des attaques, vendredi après leur prière.
Leurs responsables ont également réclamé "le châtiment le plus sévère" pour toute personne impliquée dans ces attentats, "pour que personne n'ose refaire ce genre de choses", selon M. Qadami.
"Tout pays impliqué dans ces attaques devrait être déclaré Etat terroriste", a par ailleurs ajouté M. Ashraf, sans toutefois citer nommément le Pakistan, d'où venaient les auteurs des attaques selon les autorités indiennes.
Neuf des dix assaillants ont été tués par les forces de sécurité indiennes lors des 60 heures d'affrontements qui ont suivi les attaques, le seul survivant ayant été arrêté. Leurs corps sont entreposés dans deux morgues des hôpitaux de Bombay, où les responsables attendent une décision sur leur sort.
"Il semble qu'on ait demandé à des organisations à but non lucratif de les enterrer, mais personne ne semble prêt" à le faire", a déclaré l'un des responsables de l'hôpital Sir Jamsetjee Jeejebhoy(J.J.) de Bombay, où se trouvent huit des neuf corps.
Selon lui, les autorités indiennes pourraient attendre quelques jours de plus avant de prendre une décision, au cas où les corps seraient réclamés. Les responsables musulmans de Bombay se sont inquiétés que leur religion soit parfois associé au terrorisme.
La question reste particulièrement d'actualité après les attentats de Bombay, le principal suspect, le mouvement islamiste clandestin pakistanais Lashkar-e-Taïba, assurant lutter notamment contre les persécutions dont est selon lui victime la minorité musulmane en Inde.
"Les temps sont difficiles" pour la communauté musulmane d'Inde, car "les Hindous et les Musulmans deviennent de plus en plus polarisés dans le pays", a regretté un autre responsable musulman présent mardi à Bombay.
Source: AFP