Il a insisté sur le caractère «pacifique» du mouvement de mobilisation auquel il appelle, alors que son adjoint, cheikh Naïm Kassem, mettait l’accent sur le choix de la résistance armée face à Israël.
Haranguant lundi la foule, lors de la manifestation organisée dans la banlieue sud de Beyrouth en signe de solidarité avec les habitants de Gaza, le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, s’est adressé au président Michel Sleiman pour lui demander «en tant que chef d’État consensuel de fournir un effort et de jouer un rôle central pour obtenir la tenue d’un sommet arabe extraordinaire sur Gaza, parce que certains essaient d’en empêcher la tenue».
«Il doit également jouer un rôle central lors du sommet. Tout comme nous avons entendu sa voix courageuse à New York, lors de la conférence sur le dialogue des religions, le Liban doit s’exprimer à travers lui également pour refuser toutes concessions et se tenir aux côtés des Palestiniens», a déclaré sayyed Nasrallah.
Après avoir rappelé les opérations militaires israéliennes contre le Liban, il a estimé que le Liban officiel doit être «solidaire des habitants de Gaza et non pas de tel ou tel autre régime arabe», avant d’exhorter les Palestiniens à s’unifier. Selon lui, l’opération de Gaza «n’est pas dirigée contre le Hamas, mais contre la volonté et les droits du peuple palestinien».
«L’administration américaine se soucie peu du courant qui gouverne le Liban, Gaza, Ramallah, Bagdad ou Kaboul, qu’il soit islamiste ou autre, a-t-il dit. Les considérations idéologiques, religieuses et ethniques ne lui importent guère. Ce qui lui importe, c’est le programme politique de ces courants, leurs positions par rapport aux États-Unis et à Israël, parce qu’elle veut consacrer Israël en tant que superpuissance dans la région», a expliqué le chef du Hezbollah, indiquant que si sa formation manifeste devant les Américains sa volonté de reconnaître Israël et de faire des concessions par rapport à la Résistance, ces derniers l’aideront à accéder au pouvoir.
Sayyed Nasrallah a appelé les peuples arabes et islamiques à poursuivre leurs mouvements de protestation contre ce qui se passe à Gaza, avant de critiquer de nouveau l’Égypte, sans la nommer. «Nous sommes engagés dans une bataille de prise de conscience auprès des peuples arabes et islamiques face aux campagnes de tromperie, de mensonges et de diffamations menées par de nombreuses personnes sur le plateau d’une chaîne de télévision arabe», a-t-il dit, dénonçant «les affabulateurs qui ont prétendu que le Hezbollah a bombardé l’ambassade d’Égypte à Beyrouth». «Est-ce que quelqu’un a bombardé l’ambassade d’Égypte au Liban ?» s’est-il étonné, précisant que son parti a «évité exprès de manifester devant le siège de la chancellerie parce qu’il comprend les conditions particulières de l’Égypte et parce qu’il voulait éviter des infiltrations».
«Notre mouvement, a ajouté sayyed Nasrallah, est pacifique, et c’est tout aussi pacifiquement que nous demandons au Caire de changer sa position. Nous ne voulons attaquer personne. Nous sommes seulement engagés dans une bataille de prise de conscience aux niveaux arabe et islamique, face aux leurres, aux accusations et aux mensonges auxquels nous avions été aussi confrontés durant la guerre de juillet 2006.»
De son côté, s’exprimant dans le cadre d’un Majlis Achoura, le n° 2 du Hezbolllah a estimé que «toute l’histoire des sionistes est faite d’agressions et de massacres», et a accusé le Conseil de sécurité, l’Europe et toute la communauté internationale d’être les complices d’Israël. Pour lui, «si un Britannique, un Français, un Américain ou un Israélien avait été blessé, un branle-bas de combat se serait produit».
«Nous annonçons au monde, a-t-il ajouté, que notre volonté porte toujours sur la résistance armée et militaire en même temps que la résistance culturelle, médiatique, politique et sociale. La résistance n’a pas de valeur sans armes. Avec les ennemis sionistes et américains, il n’est possible de vaincre qu’avec une résistance armée soutenue par d’autres formes de résistance. Voilà pourquoi, nous allons poursuivre le développement de nos forces.»
Source: lorient-lejour