Depuis deux semaines, ces quelque 400 professionnels et volontaires enchaînent de longues journées de travail et de courtes heures de repos sous le feu israélien.
L'offensive lancée le 27 décembre a tué plus de 800 Palestiniens, dont la moitié des civils, selon les autorités médicales locales.
Israël affirme ne viser que des sites du Mouvement de la résistance islamique, mais partout dans l'étroit territoire surpeuplé des mosquées et des immeubles d'habitation ont été touchés.
L'Organisation mondiale de la santé(OMS) fait état de 21 Palestiniens tués parmi le personnel médical, 30 blessés et onze ambulances endommagées.
La coordination avec Israël ralentit les secours, dont certains affirment avoir trouvé des gens restés plusieurs jours bloqués chez eux en attendant de l'aide, ou des cadavres gisant dans les rues faute de ramassage.
Le Comité international de la Croix-Rouge(CICR) est sorti de sa réserve pour dénoncer les délais "inacceptables" qu'imposent les autorités israéliennes aux déplacements des secours. Du personnel de l'organisation dans la Bande de Gaza affirme en outre que des soldats tirent parfois sur les ambulances.
Jeudi, après quatre jours d'attente, des ambulances du CICR ont pu atteindre le quartier de Zeitoun, dans l'est de Gaza, où ont été découverts 12 morts et quatre enfants rescapés gisant à côté des corps de leurs mères.
Le personnel médical n'a pas le temps de s'occuper de son propre état, même si beaucoup disent souffrir de cauchemars et d'énervement ou être traversés par des sentiments allant de la paralysie à la fureur. Ils n'ont guère le temps de faire des pauses ou même de prier. Vendredi, les médecins et infirmiers éclaboussés de sang de l'hôpital gazaoui de Shifa se sont joints aux familles pour prier quelques instants.
Pour Mohammed Azayzeh, qui intervient dans le centre de la Bande de Gaza, le plus dur n'est pas de tomber sur des morts, mais de s'occuper des blessés, parfois horriblement atteints, qui hurlent à l'aide. "Qu'est-ce qu'on peut faire?", s'interroge-t-il. "Je voudrais me frapper la tête contre les murs."
Source: AP