Ce député néerlandais d'extrême droite avait réalisé et diffusé Fitna, film clouant au pilori la religion musulmane. Le député néerlandais d'extrême droite Geert Wilders, réalisateur de Fitna, film clouant au pilori la religion musulmane, va être jugé pour incitation à la haine et à la discrimination pour avoir notamment comparé le Coran au livre d'Adolf Hitler Mein Kampf.
La cour d'appel d'Amsterdam, saisie par plusieurs plaignants, a ordonné mercredi au parquet de poursuivre Geert Wilders alors que celui-ci avait décidé en juin 2008 que le film et les déclarations du député ne justifiaient pas de poursuites.
"Nous allons préparer un acte d'accusation contre Wilders et l'affaire ira devant le tribunal", a déclaré à l'AFP un porte-parole du parquet d'Amsterdam, Otto van der Bijl. Un procès pourrait avoir lieu "d'ici à un an", a-t-il estimé.
La cour d'appel a considéré que "les idées contestées de Geert Wilders, également présentées dans son film Fitna, constituaient une infraction criminelle selon la loi néerlandaise, tant sur le fond que sur la forme", selon un communiqué.
Geert Wilders, 45 ans, fondateur et chef du Parti de la liberté (PVV, 9 députés sur 150), avait mis en ligne en mars 2008 un film de 17 minutes intitulé Fitna (discorde en arabe). Le court métrage était destiné à montrer ce qu'il considère comme le caractère "fasciste" du Coran, livre dont il demande l'interdiction et qu'il compare à Mein Kampf d'Hitler.
"Des croyants musulmans ont été insultés par des comparaisons de la religion musulmane avec le nazisme faites par Geert Wilders", a estimé la cour d'Amsterdam. "La cour considère que cela est à un tel point insultant pour la communauté musulmane qu'il est dans l'intérêt général de poursuivre Wilders".
Des dizaines de plaintes avaient été déposées aux Pays-Bas à la suite des propos de Wilders en marge de la présentation de Fitna. Mais le 30 juin 2008, le parquet national avait annoncé que les déclarations du député sur les musulmans ne justifiaient pas de poursuites, s'inscrivant "dans le cadre du débat public".
"La façon dont le débat public est mené sur des thèmes controversés comme l'immigration et l'intégration ne tombe pas sous le coup de la loi en principe mais cela est différent lorsque des limites fondamentales sont dépassées", a affirmé la cour.
Geert Wilders a, sur son site Internet, qualifié la décision de la cour d'"atteinte à la liberté d'expression". Aux Pays-Bas, "on encourt des poursuites en exprimant son opinion", s'indigne le député : "Participer au débat public est devenu une activité dangereuse".
La Fédération des associations musulmanes des Pays-Bas(CMO) a salué la décision de la cour. "Nous sommes confiants dans le fait que cela va contribuer à l'adoption d'un ton plus respectueux dans le débat public", a déclaré à l'AFP son secrétaire général Nasr Joemann. "Nous faisons partie de la société néerlandaise et nous voulons être traités avec respect".
Malgré des appels des responsables néerlandais, qui craignaient une crise internationale comparable à celle des caricatures du Prophète Mahomet au Danemark, et des menaces contre les Pays-Bas, Geert Wilders avait mis Fitna sur un site Internet.
Le film, qu'aucune chaîne de télévision n'avait accepté de diffuser, n'avait suscité que de l'indifférence aux Pays-Bas et provoqué l'indignation dans le monde musulman, en Iran, au Pakistan, en Indonésie et en Afghanistan.
Source: Lexpress