La Conférence a appelé dans une résolution les Etats membres de l’Organisation de la Conférence islamique(OCI) à fournir d’urgence les ressources humaines et financières, à faire preuve de volonté politique et à renforcer la coopération aux niveaux national et international ainsi qu’au niveau de l’OCI afin de réaliser le progrès escompté.
La Conférence a également recommandé de déployer des efforts déterminés et accélérer les actions pour que soient atteints les objectifs suivants : la réduction au deux-tiers le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans d’ici 2015 ainsi que les autres objectifs internationalement convenus, notamment la réduction de la malnutrition infantile, la réduction, dans les délais impartis, du taux de mortalité maternelle et de la proportion des ménages qui n’ont pas accès à une infrastructure d’hygiène ni à l’eau potable.
Elle a, en outre, appelé à développer et accélérer la mise en œuvre de politiques et de programmes pour les enfants et les adolescents, dans le but de prévenir l’usage des narcotiques et des psychotropes, sauf à des fins médicales, et à soutenir les politiques et les programmes préventifs, notamment contre le tabagisme et l’alcool.
La Conférence a recommandé de lutter contre les effets dévastateurs de l’épidémie du SIDA sur les enfants et les adolescents, en adoptant des mesures préventives, renforcer les stratégies, politiques et programmes qui assurent la protection et l’assistance aux enfants affectés par le virus VIH/SIDA, leur apporter le conseil et le soutien psychologique appropriés, assurer leur scolarisation et leur garantir un abri, une bonne alimentation et des services sanitaires et sociaux à l’instar des autres enfants.
Par ailleurs, la Conférence a recommandé d’accorder une priorité extrême aux objectifs relatifs au droit de tous les enfants et adolescents d’accéder d’ici 2015 à un enseignement primaire complet, gratuit, obligatoire et de bonne qualité ; assurer l’égalité des sexes dans le domaine de l’enseignement d’ici 2015, en veillant à garantir aux filles un accès égal à un enseignement fondamental équitable de qualité ; veiller à ce que les programmes et les matières enseignés favorisent entièrement la promotion et le respect des droits de l’Homme ainsi que des valeurs de paix, de tolérance et d’égalité des sexes ; réduire de 50% le nombre d’enfants non scolarisés, augmenter le nombre net d’inscriptions au primaire ou de participation aux programmes d’éducation alternatifs de bonne qualité au profit d’au moins 90 % de ces enfants d’ici 2010 ; faire en sorte que tous les programmes d’enseignement fondamental soient accessibles, globaux et adaptés aux enfants aux besoins spécifiques et aux enfants souffrant de différents types d’infirmité ; créer, dans les écoles d’enfants, un environnement d’apprentissage agréable où ils se sentiront en sécurité, protégés de tout abus et où ils bénéficieront d’un environnement sain qui incite à l’apprentissage ; tirer profit du développement rapide des technologies de l’information et de la communication ; faire bénéficier le plus grand nombre d’enfants marginalisés de systèmes scolaires flexibles et créatifs, y compris le système des classes à années multiples et l’apprentissage à distance ; généraliser et renforcer la mise en œuvre des politiques et programmes nationaux de développement de la petite enfance ainsi que la prestation de services et d’aide aux familles, aux tuteurs légaux, aux fournisseurs de soins et aux communautés locales pour favoriser le développement physique, social, émotionnel, spirituel et cognitif de l’enfant ; et augmenter de 50 % le taux d’alphabétisation des jeunes et adultes, notamment les filles et les femmes, d’ici 2015.
La Conférence a, en outre, mis l’accent sur l'importance de la complémentarité entre l'enseignement formel et non formel durant la petite enfance et le primaire et a appelé à renforcer les efforts des Etats membres pour promouvoir les écoles coraniques et les écoles arabo-islamiques et soutenir leur rôle dans l'alphabétisation, la généralisation des services pédagogiques en général et la consécration des principes de la culture et de la solidarité islamiques.
Dans ce contexte, la Conférence a appelé l’ISESCO à préparer une charte islamique de lutte contre la discrimination exercée contre les femmes, présenter une vision islamique des questions du genre, mettre en valeur les principes de justice, d’équité et d’égalité des sexes prônés par l’islam, proposer des mécanismes pratiques visant à aider les Etats membres à développer des politiques convenables, mettre en œuvre les programmes adéquats à cet égard et soumettre le projet de ce document à la prochaine session de la conférence.
D’autre part, la Conférence a appelé à adopter et mettre en œuvre des lois et améliorer la mise en application de politiques et de programmes à même de protéger efficacement les enfants contre toutes les formes de violence, de négligence, de maltraitance et d’exploitation ; prendre les mesures nécessaires pour criminaliser et pénaliser efficacement, conformément à tous les instruments internationaux pertinents et applicables, toutes formes d’exploitation, d’abus sexuels des enfants, de traite, de vente d’enfants et de leurs organes et d’implication dans le travail forcé des enfants et dans toute autre forme d’exploitation ; renforcer la coordination et la coopération entre les Etas membres dans ce domaine et mettre en place des mesures spéciales de protection et d’orientation des enfants victimes.
De plus, la Conférence a recommandé d’adopter et mettre en œuvre des politiques ayant pour objectif la prévention, la protection, la réhabilitation et la réinsertion des enfants vivant dans une situation sociale précaire et des enfants vulnérables et leur assurer l’accès à l’éducation, à la santé et aux services sociaux appropriés ; prendre des mesures rapides et efficaces pour interdire et éliminer, d’urgence, les pires formes de travail des enfants ; et renforcer la coopération entre les Etats membres de l’OCI ainsi qu’avec les partenaires internationaux pour résoudre le problème du travail des enfants et traiter ses racines.
En outre, la Conférence a appelé à intensifier les programmes visant à préparer l’enfant pour qu’il puisse faire face aux défis de la mondialisation et étudier les questions qui le concernent dans les domaines éducatifs, culturels, sanitaires, sociaux et juridiques ; promouvoir la culture de l’enfant en tant qu’industrie culturelle sous-tendue par les programmes éducatifs et les différentes formes de création ; sensibiliser les différentes catégories sociales à l’importance d’une éducation saine dans la constitution équilibrée de la personnalité de l’enfant et la préparation de celui-ci à vivre dans un monde globalisé où la Oumma islamique fait face à de nombreux défis, le but étant de construire un monde digne des enfants.
Dans cette même veine, la Conférence a exhorté à prendre des mesures visant à protéger les enfants contre les sites web violents ou nuisibles, les logiciels et les jeux qui influent négativement sur le développement psychologique des enfants, en tenant en compte la responsabilité de la famille, des parents, des tuteurs légaux et des responsables sanitaires à cet égard; encourager l’enfant à l’apprentissage et à la création, l’éduquer à l’importance de la connaissance, développer ses dons créatifs; et lui assurer une santé physique et mentale, lui garantir des temps de loisir et le mettre à contribution dans la construction de son avenir et l’avenir de sa Oumma ; le sensibiliser également à l’importance de l’action culturelle dans un monde marqué par la mondialisation et la consommation ; renforcer son identité et sa culture islamiques de façon à préserver ses constantes et faire face aux tentatives d’invasion culturelle tout en s’ouvrant sur les autres cultures et accorder de l’intérêt à la qualité de l’enseignement et au rôle des activités récréatives et sportives.
Source: ISESCO