Le cimetière musulman de Bobigny, une histoire particulière

11:30 - February 13, 2009
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France(IQNA)- Auteur du «Cimetière musulman de Bobigny», lieu de mémoire d'un siècle d'immigration, Marie-Ange d'Adler a travaillé sur ce lieu singulier, le seul en France exclusivement musulman.
Sur l'origine et l'histoire de ce cimetière: sa création a été un acte politique, suivant celles de la Mosquée de Paris inaugurée en 1926, puis de l'Hôpital franco-musulman de Bobigny, ouvert en 1935. La mosquée était voulue comme un remerciement aux soldats musulmans morts pour la France. L'hôpital devait être réservé aux travailleurs musulmans qui commençaient à venir plus nombreux d'Afrique du Nord.
Cet hôpital (aujourd'hui appelé Avicienne), très moderne pour l'époque, était à la fois un lieu de surveillance et un endroit où les musulmans seraient soignés dans un environnement familier. Ségrégation, contrôle et bienveillance. Quant au cimetière, annexe de l'hôpital, il serait de fait réservé aux musulmans, contrairement à la loi qui impose la laïcité des cimetières. Ouvert en 1937, il n'a rejoint la loi commune qu'en 1996 lorsqu'il est devenu le carré musulman du cimetière intercommunal d'Aubervilliers, Bobigny, Drancy et La Courneuve.
Le cimetière a-t-il évolué avec le temps. Les premières tombes étaient très modestes, leurs inscriptions sont souvent effacées. A partir des années 1970, la pierre grise et la forme traditionnelle en ogive se mêlent à d'autres formes plus modernes. Des photos apparaissent dès les années 1950. Dans les années 1970-1980 les familles ajoutent souvent fleurs artificielles et plaques souvenirs en porcelaine comme le font les familles françaises.
D'arriver par la rue Arago et de franchir le portail de bois clouté. Vous êtes alors face à une petite mosquée, à l'origine salle de prières funéraires. A droite, commence le cimetière proprement dit : 4 hectares, plus de 7000 tombes. La partie centrale peut donner l'impression d'un terrain vague, mais sous l'herbe il y a des sépultures partout, identifiables sur un plan à la direction du cimetière. Dans le fond, se trouve le carré militaire, inscrit en 2006 aux Monuments historiques. Des soldats morts dans la Seconde Guerre mondiale y sont inhumés, dont certains ont appartenu à la Division Leclerc qui a libéré Paris. Toujours au fond, à droite, vous verrez deux carrés de notables : princes, médecins, avocats… C'est là qu'est la tombe d'un des fils du Glaoui, le pacha de Marrakech, ami des Français au temps du protectorat sur le Maroc, et celle du marathonien Ahmed El Ouafi, vainqueur aux Jo d'Amsterdam en 1928.
Source: mosquee-strasbourg
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