Des festivités démarrées dans l’enceinte de la Mosquée Oqba Ibn Nafaa avec le coup d’envoi de la manifestation : ‘Kairouan, capitale de la culture islamique 2009’ et qui devaient culminer dans la soirée par des récitations du Coran. Le président tunisien n’aura pas fait le déplacement, comme c’était prévu dans le programme, puisque observant, selon son porte-parole, une période de repos, conseillée par son médecin, à la suite d’un rhume aigu.
Le chef de l'Etat tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, n’a pas présidé hier, à Kairouan(à 160 km de la capitale Tunis), la cérémonie du Maouloud ou Mouled(comme on dit ici en Tunisie), célébrant la naissance du Prophète Mouhamed(SAWA). D’après son porte-parole qui a sorti à cet effet un communiqué, le président tunisien est victime d’un rhume aigu et observe une période de repos, suivant les conseils de son médecin. Le président Ben Ali absent, il est revenu à son Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, de le remplacer au pied levé pour présider le début des festivités du Maouloud célébré, en Tunisie, dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 mars. Des festivités ouvertes hier matin par le coup d'envoi de la manifestation ‘Kairouan, capitale de la culture islamique 2009’ donné dans l’enceinte de la Mosquée Oqba Ibn Nafaa.
Pourquoi célébrer le Maouloud à Kairouan et débuter ces festivités par des manifestations culturelles ? Réponse du président Ben Ali dans son discours lu par son Premier ministre : Il fallait ‘commémorer comme il convient l'anniversaire de la naissance du Messager de Dieu, le Prophète Mohammed(sawa), et consacrer encore et toujours cette noble tradition que les Kairouanais ont coutume de célébrer avec faste, depuis très longtemps’. Il s’y ajoute, dira-t-il, que ‘la ville de Kairouan occupe une place privilégiée dans les cœurs de l'ensemble des musulmans et, plus généralement, dans l'histoire de la culture universelle’. D’ailleurs, n’a-t-elle pas été fondée, comme l’a rappelé le chef de l’Etat tunisien, en 670 après JC par le compagnon du Prophète Mohamed (sawa), Oqba Ibn Nafaa (dont la grande mosquée porte le nom), accompagné de vingt-cinq sahabas (ou compagnons du Prophète) et d’une pléiade de muhajirun (musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine pour rejoindre le Sceau des Prophètes), d’ansars (nouveaux convertis à l’Islam, originaires de Médine) et de tabi’un (musulmans de la deuxième génération après le prophète).
Enfin, elle ‘est la quatrième ville sainte de l’Islam après La Mecque, Médine et Jérusalem’. Et puis, finira par rappeler le président Ben Ali, y a été ‘fondée la principale école de fiqh de la doctrine malékite’ qui fonde la pratique de l’Islam au Sénégal.
La ‘Cité mystérieuse’(comme on l’appelle ici également), créée la même année que Bassorah en Irak, est aussi la plus ancienne métropole de l’Islam et des musulmans dans les pays du Maghreb. C’est de là que sont parties toutes les expéditions militaires pour la prise du Maghreb devenu arabe et musulman, qui a culminé avec la création de la ville de Fez (au Maroc). C'est en faveur de cette ville et au moment de sa fondation que Oqba Ibn Nafaa a imploré Dieu afin qu'elle soit un haut lieu de science et de fiqh (droit musulman), et qu'elle constitue un motif de gloire pour l'Islam et les musulmans, jusqu'à la fin des temps.
Comme le veut la tradition, des récitations du Coran ont ponctué hier la vie des Kairouanais, en particulier dans l’enceinte de la Mosquée Oqba Ibn Nafaa où le président tunisien a ordonné qu’y soit organisée en continu, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, durant toute l’année, la récitation du livre saint de l’Islam, le Coran. Le président Ben Ali a également loué la coopération exemplaire liant la Tunisie à l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (Isesco) et salué l’attachement de cette institution à mettre en valeur les apports culturels et civilisationnels des villes islamiques qui ont joué un rôle actif et déterminant dans la propagation ‘de notre religion sublime, la consécration de ses valeurs et le renforcement de son rayonnement ; ces villes dont l'une des plus réputées n'est autre que Kairouan’.
La Grande Mosquée de Kairouan ou ‘Mosquée Oqba Ibn Nafaa’ fut le premier monument érigé par Oqba Ibn Nafaa, au moment de la fondation de la ville de Kairouan, classée patrimoine de l’humanité par l’Unesco en 1988 et ayant obtenu le Prix Agha Khan d’architecture en 1992. Et elle s’est construite autour de ce chef d’œuvre. Cette mosquée comporte, ainsi que le rappellera le président tunisien, ‘des éléments architecturaux d'une grande perfection, qui connurent par la suite un grand succès au Machrek et au Maghreb, compte tenu de leur simplicité alliée à une élégance notable. Tout particulièrement le minaret qui reste unique en son genre dans le monde islamique’.
De forme carrée, ce signe du rite malékite de 35 m de haut est structuré en trois étages coiffés par un dôme où on accède par un immense escalier de 130 marches. Il s’y ajoute le minbar (chaire de l'orateur) qui compte parmi les plus anciens, les plus beaux et les plus célèbres dans le monde musulman. Sans compter la salle des prières de 70 m sur 30 m qui comporte une rangée de dix-neuf nefs structurées par des rangées de colonnes de marbre.
A l’occasion de la célébration de la naissance du Prophète Mohamed(sawa), les populations de Kairouan, comme partout ailleurs dans le monde musulman où se pratique le rite malékite, relatent la tradition de l’Envoyé de Dieu et en tirent les enseignements et la sagesse. Le choix du lancement des activités de Kairouan Cité de l’Islam dans cette mosquée s’explique aussi par le fait que ‘cette illustre institution de culte, d'enseignement et de savoir a toujours été, au fil des époques, un lieu privilégié où abondent les cercles de psalmodieurs du Coran, de fuqahas (juristes musulmans), de spécialistes du hadith, de linguistes et de savants, et d'où rayonnent les lumières de la foi et de la connaissance dispensées aux étudiants, venus de tous les horizons’. Kairouan, a rappelé Zine El Abidine Ben Ali, fut aussi le point de départ de l'expansion de l'Islam en direction de l'Andalousie, de la Sicile et de l'Afrique sub-saharienne.
Source: walf