Elaborée par "The leadership Group on US-Muslim Engagement", l'étude a été publiée en septembre dernier à l'adresse des Américains, mais c'est la première fois qu'elle est présentée à des personnalités musulmanes.
A-t-on indiqué lors de cette rencontre organisée lundi soir à l'initiative conjointe de l'ambassadeur du Maroc aux USA, M. Aziz Mekouar, "Search For Common Ground " et "The Consensus Building Institute".
La rencontre a réuni d'éminents intervenants, dont Madeleine Albright, ancienne Secrétaire d'Etat, Vin Weber, ancien membre du Congrès, Sayyid Syeed, Secrétaire général de la Société islamique d'Amérique du Nord, et Robert Fersh, directeur du programme de Search for Common Ground pour les Etats-Unis.
Réunissant un ensemble de recommandations à l'adresse de l'administration américaine, le rapport est signé par 34 Américains de tous horizons et de tous bords qui entendent ainsi proposer au gouvernement US une orientation susceptible d'améliorer les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman d'ici quelques années.
Inaugurant la rencontre, M. Mekouar a relevé l'existence de plusieurs terrains communs entre les USA et le Monde musulman qu'il convient de "mettre à jour".
"On parle beaucoup de construire des ponts entre les deux civilisations. En fait, ces ponts existent déjà et il suffit juste de les traverser", a fait valoir le diplomate, proposant de transcender "les perceptions négatives qui existent entre le Monde musulman et les USA", consécutives, selon lui, à une certaine "méconnaissance".
Pour sa part, Madeleine Albright a souligné que les premières initiatives adoptées par le président américain Barack Obama vont de pair avec les recommandations et approches ayant présidé au rapport.
Et de rappeler dans ce sens le discours d'investiture d'Obama qui donne la mesure d'une nouvelle orientation pour les relations entre les USA et le Monde musulman, prô nant un nouveau partenariat basé sur le respect et les intérêts mutuels.
"Pour le monde musulman, nous cherchons une nouvelle voie, fondée sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel", a dit Mme Albright, en citant le président Obama.
Dans le même contexte, l'ancienne secrétaire d'Etat américaine est également revenue sur la première interview télévisée accordée par Obama au lendemain de son investiture à la chaîne al-Arabiya, et les décisions versant dans le sens de l'amélioration des relations avec le Monde musulman, dont la fermeture de Guantanamo et la nomination de Georges Mitchell comme émissaire américain pour le Proche-Orient dans la perspective de promouvoir le processus de paix dans la région.
Mme Albright s'est également arrêtée sur la récente visite d'Obama en Turquie et son discours devant le parlement turc dans lequel le président américain souligne le caractère "crucial" du partenariat des Etats-Unis avec le monde musulman en vue de faire reculer "une idéologie marginale que les gens rejettent, quelle que soit leur foi".
Par ailleurs, Mme Albright a évoqué les recommandations afférentes à la démocratie et incluses dans le rapport, tenant à souligner que la démocratie ne doit pas être "imposée". Pour elle, il s'agit que chacun trouve sa manière et sa voie pour mieux se gouverner.
D'autres intervenants ont mis en avant l'impératif d'internationaliser le dialogue pour trouver des partenaires transatlantiques, notant par ailleurs que les défis entre le monde musulman et les USA ne sont pas attribuables au clash des civilisations mais aux différends sur des politiques et des actions.
Le rapport renferme des propositions auxquelles les citoyens américains et des responsables des deux partis "pourront souscrire afin de parvenir à une amélioration des relations entre les Etats-Unis et le monde musulman".
Le processus qui a permis à ses auteurs de forger un consensus "peut utilement servir de modèle pour un dialogue sur les problèmes difficiles qui se posent aux USA", souligne-t-on.
En préface de cette étude, on peut lire que le rapport offre une "analyse profonde de la situation actuelle des relations actuelles des USA avec le Monde musulman et des recommandations constructives sur la manière de traiter cette question urgente".
Entre autres participants à l'élaboration du rapport, on cite Madeleine Albright, Richard Armitage, ancien Sous-secrétaire d'Etats, Dov Zakheim, Sous-secrétaire à la Défense sous la présidence de George W. Bush, Vin Weber et Steve Bartlett, anciens membres du Congrès, l'Imam Feisal Abdul Rauf et le chercheur Vali Nasr, auxquels s'ajoutent neuf autres dirigeants islamo-américains, Tom Dine, ancien directeur exécutif de l'American Israeli Political Action Committee (AIPAC), Richard Land de la Southern Baptist Convention, ainsi que plusieurs anciens diplomates et militaires.
Source: MAP