Selon le site hyphenonline, la deuxième ville de France ne compte qu’une soixantaine de mosquées et salles de prière, obligeant chaque année de nombreux fidèles à prier dans les rues, les parcs ou les stades lors des grandes fêtes religieuses. Face à cette situation, les associations musulmanes prennent elles-mêmes en charge la construction de nouveaux lieux de culte.
La législation française interdit le financement direct des mosquées par l’État. De plus, les financements étrangers, autrefois fréquents, sont désormais fortement encadrés par la loi de 2021 sur le respect des valeurs de la République. Les associations doivent donc compter principalement sur les dons des fidèles et de la communauté musulmane.
L’association ACM13 construit actuellement une mosquée de 400 places dans le 13ᵉ arrondissement de Marseille. Le projet a nécessité près de 450 000 euros, financés en grande partie grâce aux contributions de mosquées situées dans d’autres régions françaises. Une autre association, 2C2M, a déjà réuni 1,2 million d’euros pour transformer un ancien bâtiment industriel en mosquée, mais plusieurs millions d’euros restent encore à trouver pour achever les travaux.
Les responsables associatifs expliquent que la pauvreté d’une partie importante de la population marseillaise rend les collectes de fonds particulièrement difficiles. Beaucoup de donateurs restent également méfiants après l’échec du projet de la Grande Mosquée de Marseille, abandonné malgré des années de collecte et de promesses de financement.
Au-delà de leur fonction religieuse, ces nouvelles mosquées ambitionnent de devenir de véritables centres communautaires. Elles proposeront des activités culturelles, un accompagnement scolaire, des conseils pour l’emploi et des espaces destinés aux jeunes. Pour leurs promoteurs, ces projets représentent un moyen de renforcer le lien social dans des quartiers marqués par la précarité, le manque d’équipements publics et les difficultés économiques. En attendant l’ouverture de nouveaux lieux de culte, de nombreux musulmans continuent de transformer des locaux privés en petites salles de prière afin de répondre aux besoins de leur communauté.